dollar amricain_forex_1En ce lundi, les valeurs refuge, comme le dollar américain, ont subi un désaveu des cambistes alors que tous les commentateurs et les responsables politiques américains ont affiché leur optimisme concernant les discussions en cours actuellement pour éviter le fameux "mur budgétaire".

Le président Obama, fraîchement ré-élu, a affirmé qu'il est "confiant" sur les chances d'éviter des coupes automatiques dans les dépenses qui auraient un effet désastreux sur l'activité économique outre-Atlantique. Ben White, qui est l'auteur de la célèbre newsletter Morning Money et qui a ses entrées à Washington et à Wall Street, a écrit qu'un accord pourrait être trouvé vraisemblablement avant le 1er janvier 2013. Les responsables républicains ont conscience, après leur score médiocre lors des dernières élections, qu'ils ne peuvent pas se permettre un nouveau désaveu de l'opinion en étant présenté comme ceux qui auraient fait échouer un accord et fait entre les Etats-Unis en récession. Au lieu d'un blocage comme ce fut le cas en 2011, on se dirige vers de réelles négociations constructives entre démocrates et républicains.

De fait, l'intérêt pour le dollar a diminué, l'optimisme est là et on le constate même très présent sur les marchés actions qui évoluent toujours dans le vert depuis ce matin. Preuve de l'appétit au risque, le dollar Index a chuté à un plus bas de 10 semaines ce qui est très révélateur de l'humeur des marchés.

Le yen, qui était pénalisé ces derniers jours par l'hypothèse d'un nouvel assouplissement dans la foulée des prochaines élections, est même remontée face au dollar après un plus bas de sept mois sur le marché des changes. Les quelques actifs à haut rendement sur le forex, comme les dollars australien et néo-zélandais ont également profité pour reprendre de la vigueur. Le dollar australien évolue ainsi en progression de 0.5% face à l'USD à 1.0392 tandis que le dollar néo-zélandais progresse de 0.6% à 81.72.

La monnaie nippone est toutefois encore très fragile. Selon Kyodo News, le Parti Libéral Démocrate de Shinzo Abe serait disposé à choisir comme prochain gouverneur de la Banque du Japon un responsable qui va s'efforcer de prendre à coeur les objectifs d'inflation de l'institut d'émission. D'ailleurs, une réunion de politique monétaire a lieu aujourd'hui, elle se terminera demain. Dans ce contexte d'élections, aucune action ne devrait être prise par le gouverneur Shirakawa. Lors de la dernière réunion, qui remonte au 30 octobre, la banque centrale avait déjà décidé d'augmenter son programme de rachats d'actifs à 11 trillion de yens.

La devise japonaise apparait comme fragilisée avec une chute de 6.9% depuis le début de l'année face à ses 10 principales contreparties sur le forex selon Bloomberg. L'euro est l'autre devise qui a le plus souffert depuis janvier, du fait de la crise souveraine, avec une perte de 2.8% par rapport au panier de devises de l'agence tandis que le dollar n'a perdu que 1.2%. La devise américaine a été en partie aidée par une certaine appréhension des investisseurs sur fond d'austérité, de récession et de crise bancaire et souveraine.