peso mexicain_forexAu cours des récents mois, le peso mexicain a eu les faveur des investisseurs du marché des changes aidé en cela par des fondamentaux macroéconomiques justifiant les thèses de découplage économique entre le Mexique et le reste du monde et la perception que la devise était globalement sous-évaluée, incitant ainsi à l'acheter.

Cependant, les choses commencent à changer. Plusieurs économistes considèrent que cet intérêt pour la monnaie mexicaine est passé.

Ainsi, Neal Armstrong, de Bloomberg News, a mis en garde il y a quelques jours les investisseurs, les incitant à vendre la devise désormais.

Après avoir été en hausse face au dollar américain pendant environ six mois, soit un gain de 12% sur la période, le peso a brutalement chuté ces derniers jours, de près de 2% selon les données fournies par l'agence de presse Bloomberg.

Cette baisse est largement la conséquence du changement de perception des investisseurs vis à vis de la devise. En effet, l'avenir du peso n'est plus aussi enthousiasmant qu'auparavant et les stratégies de carry trade, qui profitent des taux d'intérêt élevés exercés par la banque centrale mexicaine, apparaissent désormais comme risquées. Selon les prévisions des marchés, l'économie mexicaine, qui dépend étroitement des Etats-Unis puisque 80% de ses exportations passent de l'autre côté de sa frontière nord, ne devrait connaître une expansion que de 3.6% l'année prochaine. Pour les européens, un tel niveau fait rêver mais pour une économie émergente comme le Mexique, ce taux est très faible, le plus bas depuis la récession de 2009.

Dans ce contexte, les investisseurs qui étaient long jusqu'à présent sur le peso cherchent à se repositionner. Les mouvements de foule sur la devise exercent une forte pression baissière qui explique en grande partie la forte chute des derniers jours.

L'avenir n'est pas réjouissant puisque selon un stratégiste américain très respecté, Dorn Maklerski, d'ici à septembre prochain, le peso pourrait perdre jusqu'à 3.9% de sa valeur face au dollar américain. Les cambistes vont devoir se trouver une autre devise favorite.