gorgie.jpgCette semaine fut indéniablement une moins bonne semaine pour la devise américaine puisqu'elle a enregistré une baisse presque continue face à la devise de la zone euro. En effet, en dépit d'une croissance nettement meilleure que prévu au deuxième semestre, alors que le Royaume Uni a accusé une croissance nulle pour la même période et que la zone euro devrait connaître une atonie de la croissance, la devise américaine fut nettement pénalisée sur le marché des changes par les évènements internationaux et un assombrissement des perspectives économiques américaines sur fond de craintes liées à un éventuel effondrement du secteur immobilier.

Lors du symposium annuel de la Réserve Fédérale à Jackson Hole le week-end dernier, Ben Bernanke n'a d'ailleurs pas caché ses inquiétudes sur l'avenir diagnostiquant que la situation actuelle de l'économie américaine est l'une « des plus difficiles jamais vues » en raison de la conjugaison d'un ralentissement économique à un rebond de l'inflation lié notamment à une hausse du prix des matières premières.

D'ailleurs, les matières premières ont nettement pesé cette semaine sur le cours du dollar face aux autres devises en raison de la tempête tropicale Gustav qui devrait atteindre prochainement le Golfe du Mexique, sous forme d'ouragan selon certains météorologues. Par ailleurs, bien que le Caucase ne soit pas un centre névralgique d'approvisionnement en pétrole pour les Etats-Unis, contrairement au Moyen Orient, les tensions géopolitiques entre Moscou et les alliés de la Géorgie, qui rappellent certains temps forts de la Guerre Froide, ont inquiété les cambistes.

En ce qui concerne le yen, il a profité en fin de semaine d'un rebond inattendu grâce à des annonces simultanées qui ont donné un peu de souffle à la devise japonaise. En effet, un responsable de la banque centrale nippone a laissé entendre qu'elle pourrait relever les taux afin de lutter plus efficacement contre l'inflation, dès que les chiffres de la croissance se seront stabilisés. Ce discours est relativement similaire à celui des responsables de la Fed qui, d'après la publication des minutes de la Fed, envisagent également le scénario d'une hausse des taux afin d'endiguer les pressions inflationnistes. De plus, le yen fut aidé par l'annonce d'un plan de relance, similaire à celui lancé il y a quelques mois par l'administration Bush, d'un montant de 11 milliards de yens afin de relancer la croissance.

Enfin, la livre sterling a connu une semaine plutôt difficile puisqu'elle a peiné à se relever de l'annonce d'une croissance nulle au deuxième trimestre, soit la plus mauvaise performance du Royaume Uni depuis 16 ans. Le contrecoup de cette annonce fut un plongeon mardi de la livre sterling face au dollar en dessous de la barre de 1,85 dollar, la première fois depuis deux ans.