berlusconi retourL'électrochoc du week-end est venu d'Italie avec la démission de Mario Monti et le retour sur le devant de la scène politique internationale de Silvio Berlusconi qui se présente comme futur Premier ministre. L'annonce de la démission de Mario Monti, très apprécié par les marchés financiers, a fait plonger les indices ce matin et fait progresser la prime de risque des pays du Sud de l'Europe mais la monnaie unique européenne semble résister avec un gain d'environ 0.25% par rapport à son cours d'ouverture.

Analyse fondamentale eurodollar

Il ne faut pas s'y tromper, comme on va le constater dans l'analyse technique, la hausse de l'euro face à sa contrepartie américaine ne signifie pas que l'optimisme des cambistes est de retour au sujet de la zone euro.

D'ailleurs, les indicateurs macroéconomiques dans l'ensemble confirment que la situation économique est on ne peut plus compliquée: la BdF a confirmé la récession en France tandis que la production industrielle du pays a chuté de 0.7% en octobre et que le climat de confiance dans les affaires a dégringolé à 91. Comme l'a parfaitement expliqué un économiste travaillant pour BNP Paribas: "Clairement, les choses ne sont pas bonnes et en particulier pour l'industrie automobile".

Le risque que la France devienne le nouveau mouton noir de l'Europe au cours de l'année prochaine n'est en rien exclu si le gouvernement français ne réforme pas rapidement le pays et son économie. S'il ne le fait pas, c'est bien simple, les marchés financiers pousseront à couper dans les dépenses et à augmenter les impôts sans concession. Se reposer sur le fait que le taux de rendement des obligations françaises est extrêmement bas est trompeur car c'est simplement le reflet de la grande inquiétude des investisseurs au sujet d'autres pays, comme l'Espagne. Sans réforme sur le modèle de celles mises en oeuvre par la Suède ou le Canada dans les années 90, le pays risque de s'enfoncer lentement dans une crise sans fin.

Toutefois, le tableau du jour n'est pas complètement noir puisqu'une bonne nouvelle est venue d'Allemagne. Les exportations du pays ont augmenté de 0.3% en octobre, ce qui est une surprise puisque les économistes prédisaient une baisse de 0.3%. Cela fait suite à la chute de 2.4% en septembre des exportations.

L'autre sujet d'inquiétude a trait à la situation politique italienne. Suite à la démission de Mario Monti et à l'entrée en scène de Silvio Berlusconi, les marchés se sont affolés avec des pertes de près de 3% pour la bourse de Milan et une hausse de la prime de risque pour l'Italie et l'Espagne à respectivement à 360 points de base et à 460 points de base.

Analyse technique eurodollar

Techniquement, l'eurodollar est en hausse en milieu d'après-midi avec un retour vers 1.2935 mais les fondamentaux de la paire demeurent. Au cours des derniers jours, la paire a perdu plus de 200 pips et reste proche de son support à 1.2880/1.2900. La tendance est toujours clairement à la baisse sur le cours terme pour la paire avec un objectif de support qui reste le même qu'évoqué en fin de semaine dernière, à savoir 1.2800/20 qui correspond aux niveaux de fin septembre/début octobre. Il est donc toujours conseillé d'être vendeur sur la paire en dépit du sursaut tout relatif qui a actuellement lieu.