Congrs amricainL’année semble bien commencer pour la première économie mondiale, les négociations américaines sur le "fiscal cliff" ayant enfin trouvé une issue… favorable?

Mercredi la décision tant attendue du Congrès est tombée: il n’y aura pas de "mur budgétaire". Mais si les cambistes s’emballent devant cet évincement de la cure d’austérité, les problèmes budgétaires restent d’actualité. La menace de récession n’est plus immédiate certes, mais on reste dans l’attente d’un réel programme de résolution de la dette et du déficit budgétaire, un programme non moins déterminant pour la santé économique du pays. Jusque-là, les investisseurs doivent rester sur leurs gardes. Le FMI n’a d’ailleurs pas manqué de le rappeler à Washington en l’appelant à soumettre un plan complet.

L’engouement des cambistes pour la devise américaine s’est accru depuis que le FOMC a laissé entrevoir une mise à terme de ses rachats d’actifs financiers avant fin 2013.

Mercredi, l’indice ISM manufacturier aux Etats-Unis est ressorti en hausse à 50.7, contre un précédent à 49.5. La semaine a été néanmoins rythmée par les indicateurs américains de l’emploi qui n’ont pas vraiment orienté les investisseurs détenteurs de dollar américain: la création d’emploi dans le secteur privé a pris 45% depuis son précédent pour atteindre les 215 000 emplois créés, contrastant ainsi avec les inscriptions au chômage en hausse. Le taux de chômage aux Etats-Unis est resté stable à 7.8% pour le mois de décembre.

Donc sous cette apparence de relative stabilité, rien n’est encore acquis pour les Etats-Unis.

Du côté européen, le bilan s’améliore mais les doutes subsistent. En zone euro, l’activité continue à se contracter: l’indice PMI dans les services s’est affiché à 47.8 en décembre contre un précédent à 46.7 et le composite s’inscrit à 47.2 contre un précédent à 46.5.

L’Allemagne qui a renoué avec la croissance affiche un taux de chômage brut en hausse, à 6.7% pour le mois de décembre. La récession qui s’entretient en France, en Italie et en Espagne, très dépendants de la santé économique de la zone euro, crée un déséquilibre qui inquiète de plus en plus les marchés. A en croire le manque de réformes pourtant nécessaires pour renouer avec une croissance durable, certains pays semblent se contenter de cette stabilité éphémère qui profite à l’Europe depuis le versement de l’aide à Athènes. Peut-être qu’ils ne comprennent toujours pas l’ampleur de l’inévitable reconstruction européenne.

Analyse technique:

EURUSD: La paire a chuté de 1.48% cette semaine, soutenue par l’optimisme des investisseurs quant à la décision du Congrès américain. L’euro met donc un terme à ses semaines haussières qui lui ont permis de clôturer l’année 2012 au voisinage des 1.33. L’EURUSD a affiché son plus haut niveau de la semaine lundi à 1.3234 avant d’atteindre un 1.2998 enregistré aujourd’hui. L’insuffisance de l’accord américain ne rebute pas pour autant les investisseurs forex. Ce recul sévère de l’euro concrétise également l’inquiétude des cambistes face au bilan européen.

USDJPY: La paire a progressé de 2.71% cette semaine. L’ascension fulgurante de l’euro face au yen traduit à la fois l’optimisme que suscite le Fiscal Cliff, et les conséquence de la politique monétaire de Shinzo Abe. L’USDJPY a fluctué cette semaine entre un plus bas à 85.8650 atteint lundi et un plus haut à 88.3250 affiché aujourd’hui. La tendance haussière devrait se poursuivre.

GBPUSD: La paire a reculé de 0.87% cette semaine. Le Royaume-Uni fait montre d’exception dans le paysage économique européen. L’indice PMI britannique est ressorti à 51.4 en décembre, dépassant ainsi le seuil de 50 délimitant contraction et croissance de l’activité. L’économie britannique pourrait ainsi éviter la contraction de 0.1% attendue pour le troisième trimestre 2012. La paire a fluctué entre un plus bas à 1.6010 vendredi et un plus haut à 1.6275 par lequel elle a commencé sa semaine baissière.

EURNOK: Alors que le contexte d’incertitude pèse sur la monnaie européenne, la devise norvégienne a atteint son plus haut historique en décembre. La paire a chuté de 1.14% cette semaine fluctuant entre un plus bas à 7.2803 aujourd’hui et un plus haut à 7.3867 affiché lundi. La NOK est soutenue par des finances publiques saines, lui permettant de profiter du statut de placement sûr. L’appréciation de la couronne face à l’euro devrait se poursuivre.