Londres triple_AL'agence de notation financière Fitch a mis en garde le Royaume-Uni en soulignant que le pays est de plus en plus susceptible de perdre sa note de crédit triple A. Dans une récente interview, le dirigeant de l'agence, David Riley, a ainsi déclaré que le gouvernement Cameron est en train de perdre sa crédibilité budgétaire.

Bien-sûr, cela ne constitue en rien une surprise. Après tout, d'autres agences de notation, comme Moody's pour ne citer qu'elle, ont déjà souligné le risque qu'encours le Royaume-Uni de perdre sa notation en raison de ses errements budgétaires.

En décembre dernier, le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, avait fait son traditionnel discours devant le Parlement. Quelques mois plus tôt, il avait annoncé que la dette publique commencerait à chuter autour de 2015. Lors de son discours d'il y a moins d'un mois, il a finalement reconnu que cela prendrait plus de temps…on parle de 2016 voire même 2017 dorénavant.

L'Office pour la responsabilité budgétaire, qui est le gardien des comptes de l'Etat, a même annoncé que la dette pourrait atteindre un pic à 79.9% autour de 2015-16.

La récente batterie d'indicateurs macroéconomiques tous plus mauvais les uns que les autres ne dressent en rien une situation économique réjouissante pour le pays. En décembre, la production manufacturière s'est contractée de 0.3% contre un consensus haussier à 0.5%. La production industrielle n'a guère fait mieux. Le pays expérimente sans conteste une récession en double creux!

Déjà, la situation n'est guère réconfortante mais que risque-t-il de se passer sur le marché des changes si le pays perd sa note de crédit?

On sait que cela pourrait entraîner une hausse des taux de rendement pour le Royaume-Uni sur le marché obligataire dans une proportion certainement faible si on en juge par ce qui s'est produit pour la France lorsqu'elle a perdu son triple A il y a exactement un an.

Pour le marché des devises, la conséquence est plus incertaine. Sur le court terme, on peut envisager un désaveu de la livre sterling qui est déjà en position plutôt inconfortable face au dollar américain en ce début d'année. Depuis le début de la semaine, la paire GBPUSD est dans le rouge, avec une perte de 0.37% lundi, de 0.04% mardi et de 0.43% hier avec un plus bas à 1.5976. Mais sur le moyen/long terme, cette nouvelle pourrait être atténuée. L'arrivée du gouverneur Carney à la tête de la Banque d'Angleterre cet été pourrait notamment renforcer la crédibilité du Royaume-Uni sur les marchés financiers mais il faudra en revanche attendre certainement longtemps avant que les indicateurs macro-économiques ne montrent des signes consistants de reprise…