trichet_bernanke.jpgLa plupart des devises du marché des changes connaissent ces dernières semaines une phase de réajustement face au dollar couplée à l'accroissement des craintes liées aux pressions inflationnistes et à la croissance dans la plupart des pays.

La plupart des devises asiatiques ont souffert de la remontée de la devise américaine sur le marché des changes, forçant parfois les banques centrales à intervenir. Les autorités monétaires de Corée du Sud ont verbalement tenté de soutenir en début de semaine le won, du moins pour un certain temps. En revanche, les banques centrales de Thaïlande, de Malaisie et d'Indonésie auraient pris les devants en intervenant directement sur le marché des changes, afin de défendre leurs devises respectives. Outre la remontée du dollar, le baht thaïlandais, la roupie indonésienne et le ringgit malaisien ont été poussés à la baisse par la dégradation de la situation politique en Thaïlande, suite à la mise en place de l'état d'urgence. Afin d'éviter une volatilité accrue du baht, les autorités monétaires de Thaïlande ont annoncé qu'elles étaient prêtes à intervenir de nouveau.

Les devises européennes n'ont pas non plus été épargnées par le réajustement du taux de change du dollar, notamment la livre sterling et l'euro. Ces deux devises se sont affichées fortement en baisse cette semaine sur le marché des changes, alors que la Banque d'Angleterre et la Banque Centrale Européenne se sont réunies jeudi. La monnaie unique européenne a notamment accumulé les plus bas face au dollar, en s'inscrivant sous le seuil de 1,44 dollar en milieu de semaine. Depuis son dernier record en date, le 15 juillet, la devise des pays membres de la zone euro a perdu plus de 10% de sa valeur.

Les propos de Jean Claude Trichet ont clairement illustré la situation dans laquelle se trouve la zone euro, confrontée à une persistance des pressions inflationnistes et à un ralentissement de la croissance économique, certains brandissant déjà le spectre de la récession.

A l'instar de l'OCDE qui a revu à la baisse les perspectives de croissance pour la zone euro, alors que celles concernant les Etats-Unis ont été revues à la hausse, Jean Claude Trichet a revu à la baisse les perspectives de croissance pour 2008 et 2009, respectivement à 1,4% et 1,2%. Cette annonce a été fraîchement accueillie par les cambistes qui ont massivement liquidé leurs positions en euros afin d'acheter des yens, valeur refuge par excellente dont le cours varie peu. En dépit d'une contraction au deuxième trimestre de l'économie de la zone euro, Jean Claude Trichet a voulu se montrer rassurant, soulignant que des signes de reprise apparaissaient. A l'inverse, il s'est de nouveau vivement inquiété des pressions inflationnistes et des effets de second tour, tranchant une énième fois en faveur d'une politique monétaire concentrée sur la lutte contre l'inflation, au grand dam de nombreux dirigeants de la zone euro qui appellent à plus de flexibilité.

Enfin, la Banque d'Angleterre a également adopté pour le statu quo alors que la livre sterling a connu un nouveau plus bas face à l'euro, s'inscrivant à 81,87 pence pour un euro. La situation au Royaume Uni, comme l'a d'ailleurs laissé entendre le ministre des finances, est très inquiétante et une récession est prévue par la plupart des analystes d'ici à la fin de l'année.