eurogroupeLa hausse de l'euro continue. Hier, la monnaie unique était autour de 1.34, aujourd'hui, elle évoluait près de 1.355. Qu'est-ce qui peut bien expliquer cette hausse fulgurante?

En fait, cette belle progression de l'euro est surtout la conséquence directe de la posture de la BCE. En ce moment, on serait plus tenté de parler de la FED mais les marchés n'oublient pas la BCE.

Au niveau international, la BCE est l'une des rares banques centrales à avoir encore une approche assez conventionnelle avec des taux qui ne sont pas nuls par exemple. A l'inverse, la FED devrait maintenir son programme d'assouplissement et ses taux zéro pendant un certain temps. Le Japon accentue sa politique expansionniste et la Banque d'Angleterre a de grandes chances de faire plus dès que le gouverneur Mark Carney sera en place. On l'aura compris, la politique monétaire de la zone euro est loin de désavantager l'EUR.

Pour autant, cela n'explique pas totalement la hausse d'aujourd'hui. En fait, les investisseurs achètent l'euro dans la foulée de l'opération de refinancement à long terme (LTRO dans le jargon financier) de la BCE. Rappelez-vous, début 2012, la BCE avait ouvert les vannes afin de permettre aux banques de se financer à bas coût pour surmonter la crise. Depuis, la situation s'est considérablement calmé et la crise de la dette souveraine ne semble être plus qu'un mauvais souvenir. Afin de rassurer les agences de notation et les actionnaires, certaines banques ont même décidé de rembourser leurs prêts auprès de la BCE comme annoncé en fin de semaine dernière. Environ 137 milliards de dollars vont ainsi revenir dans les caisses de Francfort.

Cependant, aujourd'hui, une nouvelle opération de refinancement à long terme à trois mois a été lancée et de nombreux analystes s'attendaient à ce que certaines des banques qui ont décidé de rembourser la BCE participent à l'opération. Manifestement, ce n'était pas vraiment le cas puisque seulement 3.7 milliards de dollars ont été alloués dans le cadre de ce nouveau LTRO.

On peut donc en déduire que les banques qui remboursent la BCE ont finalement décidé de retrouver leur indépendance, certainement car elles sortent finalement renforcées de la crise et qu'elles sont désormais prêtes à voler de leurs propres ailes. De fait, l'euro grimpe grâce à ce signe évident de bonne santé du secteur bancaire européen face à un dollar américain pénalisé par de mauvais chiffres et une politique monétaire américaine très (trop?) accommodante.