Banque dAngleterre_SorosGeorge Soros est sur le point de réitérer son exploit 21 ans après. Le célèbre spéculateur fut l'un des premiers à investir sur les deux monnaies les plus haïes du moment: le yen japonais et la livre sterling.

Depuis novembre, George Soros aurait réussi à gagner près d'un milliard de dollars en shortant le yen sur le marché des changes. Il a simplement, comme le font souvent les meilleurs spéculateurs, porté intérêt aux rumeurs. L'annonce d'une nouvelle élection au Japon qui allait ouvrir la voie à une victoire de l'opposition constituait un moment clef pour les investisseurs car le PLD était connu pour être prêt à tout mettre en oeuvre pour faire baisser le yen face au dollar américain. Il suffisait, au final, de lire le programme du PLD ou la presse financière nippone pour comprendre ce qui allait arriver. Loin d'avoir une intuition extraordinaire, le nouveau succès de George Soros repose sur sa capacité à trouver l'information et à l'analyser. Evidemment, sa marge de manoeuvre financière entre aussi en compte!

Avec le succès du PLD lors des législatives de décembre, le yen s'est effectivement encore plus affaissé sur le marché à tel point que le nouveau gouvernement n'a pas hésité à mettre en avant une cible de taux de change face au billet vert à 100 yens!

George Soros a eu tout juste!

Il a agi de même avec la livre sterling qui est en train de faiblir depuis le début de l'année à un rythme plus que rapide à cause de perspectives économiques inquiétantes, d'une dégradation de la balance commerciale et de craintes que le nouveau gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) soit tenté d'assouplir un peu plus la politique monétaire britannique. Comme de nombreux spéculateurs, George Soros s'est donc empressé de shorter la livre sterling face à ses principales contreparties avec un succès certain. En pleine crise des subprimes, on pouvait encore souligner que la devise britannique fait office de valeur refuge face au dollar ou même à l'euro fragilisé par la crise de la dette, ce n'est plus le cas de nos jours.

La baisse de la livre sterling est la réponse naturelle à une politique monétaire sans réel succès et à la perte de confiance certainement durable des cambistes vis à vis de l'économie britannique et donc de la devise nationale. Il suffisait au final de s'intéresser un peu aux fondamentaux économiques et à la politique britannique sous le gouvernement Cameron pour comprendre que la devise de Sa Majesté est à mille lieux de renouer avec ses heures de gloire.

Se référer au "casse" de la Banque d'Angleterre par George Soros en 1992, lorsqu'il avait parié sur le fait que la devise britannique ne pourrait pas tenir longtemps le taux de change fixé par Londres, est surtout un symbole. Dans le cas présent, le gouvernement britannique et la Banque d'Angleterre n'ont pas d'objectif de change pour la livre sterling. Cependant, comme à la belle époque, George Soros pourrait encore finir l'année avec une extraordinaire plus-value car la baisse de la livre n'a aucune raison fondamentale de s'arrêter maintenant.

Les investisseurs particuliers peuvent beaucoup apprendre de George Soros. De nos jours, tous les particuliers ne jurent que par l'analyse technique via des indicateurs tous plus compliqués les uns que les autres mais c'est au final une acuité intellectuelle, la capacité de savoir où s'informer, et d'analyse avec justesse les informations accumulées qui ont fait les succès du célèbre spéculateur. En aucun cas, il n'a reposé ses décisions d'investissement sur les graphiques et les indicateurs techniques. Le succès dans le trading repose en grande partie sur la capacité d'aller chercher l'information et de l'analyser, c'est ce que nous enseigne George Soros encore une fois avec le yen et la livre sterling.