FED BCELa publication du procès-verbal de la dernière réunion de janvier du FOMC a eu l'effet escompté sur les marchés financiers.

Lors de la réunion de décembre, les membres de la banque centrale avaient évoqué la possibilité d'une sortie des mesures exceptionnelles de soutien à l'économie. Lors de la rencontre du mois dernier, il fut plutôt question des conséquences éventuelles d'une telle sortie. Plusieurs membres du FOMC ont indiqué leurs inquiétudes concernant la poursuite dans le temps du programme d'assouplissement quantitatif qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur l'économie. Certains ont plaidé pour une approche plus pragmatique et flexible avec un montant de rachat qui est ajusté à chaque rencontre. L'objectif est de ne pas provoquer une brusque rupture du programme mais de préparer les marchés à cette éventualité.

La banque centrale américaine est donc apparue assez divisée sur la manière de sortir du QE et sur le moment de le faire. Il n'en demeure pas moins que les discussions en cours sont interprétées par les cambistes comme la volonté croissante de la FED d'en finir avec le QE.

De fait, la publication du procès-verbal a entraîné à la baisse les actifs jugés à risque tandis que le dollar s'est repris face à toutes les devises du G10, à l'exception du yen. La paire USDJPY s'est effondrée à 93.45 cette nuit. De son côté, l'EURUSD est tombé à son plus bas niveau depuis cinq semaines et évolue désormais autour de 1.3250.

Les indices ont également peu apprécié la volonté de la FED de passer à une autre étape de la politique monétaire, avec une chute généralisée aussi bien aux Etats-Unis qu'en Asie. L'Europe devrait suivre ce matin.

Enfin, le taux de rendement à 10 ans des bons du Trésor américain a initialement augmenté à 1.046 et restait proche d'un plus haut de dix mois, ce qui est normal en cas de retrait prochain des mesures de soutien.

Le marché des changes va manifestement continuer de digérer le procès-verbal de la FED essayant au mieux d'interpréter les intentions futures de la banque centrale américaine. Le compte-rendu qui sera publié en mars (pour la réunion du FOMC de février) devrait certainement permettre d'y voir plus clair.

Entre-temps, le marché devra aussi gérer dès ce matin une avalanche d'indicateurs macro-économiques dont les PMI pour la France, l'Allemagne et la zone euro. En règle générale, il y a de fortes chances qu'on constate une amélioration. Cependant, le différentiel s'accentue toujours entre l'Allemagne et la France. Berlin a des PMI qui sont désormais au-dessus de 50, ce qui marque l'expansion de l'économie, tandis que la France est toujours à des niveaux proches de la récession. Ce n'est pas surprenant au final quand on sait que Bruxelles a annoncé que le pays devrait flirter avec la récession toute cette année, avec une croissance 2013 proche de 0%.

Par ailleurs, l'inflation pour janvier aux Etats-Unis est prévue cet après-midi avec un IPC Core à 0.1%. L'indice de la Fed de Philadelphie, le deuxième indice manufacturier régional publié ce mois-ci aux Etats-Unis, est aussi prévue. L'Empire State avait connu une forte hausse, il sera donc intéressant de voir si c'est aussi le cas pour l'indice de Philadelphie. Enfin, les ventes de logements existants devraient afficher une faible baisse.

Du fait des propos tenus par les membres du FOMC, il ne faudra pas être surpris si on assiste sur le marché des changes à un renforcement sur le court terme du billet vert. La livre sterling a notamment le plus à perdre face à l'USD. La paire a chuté sous 1.5150 et atteint des plus bas depuis 2010 hier dans la foulée de la publication du compte-rendu de la Banque d'Angleterre qui a montré que plusieurs membres envisagent de baisser le taux interbancaire. Le mouvement actuel sur le marché a de fortes chances de conduire la livre sterling à des plus bas depuis de nombreuses années face au dollar.