FOMC BernankeLa semaine qui vient de s'écouler a été dominée par un seul évènement vraiment d'importance et qui risque d'influencer durablement l'évolution des prix sur le forex: la publication du compte-rendu de la réunion de janvier de la banque centrale américaine (FED).

Ce compte-rendu a été le principal moteur d'évolution des devises depuis mercredi soir. En effet, certains membres du FOMC ont fait part de leur scepticisme concernant l'intérêt de poursuivre le programme d'assouplissement quantitatif (QE3). Ces membres ont plaidé pour un ajustement mensuel du programme de 85 milliards de dollars en fonction des objectifs poursuivis par la FED et de l'évolution du contexte économique.

Il devient de plus en plus probable que la FED mette un terme à son programme avant que la cible de chômage à 6.5% ne soit atteinte, ce qui constitue manifestement la plus grande surprise concernant les débats lors de la réunion de janvier.

Pourquoi ce changement soudain de rhétorique? D'une part, les membres du FOMC sont bien conscients qu'il va falloir arrêter le QE3 tôt ou tard. Ils s'inquiètent notamment d'un retour soudain de la volatilité et d'une hausse des taux d'intérêt lorsque le QE prendra fin, c'est pourquoi ils envisagent de préparer progressivement les marchés à la fin de l'argent facile.

D'autre part, la banque centrale américaine semble beaucoup plus confiante dans les perspectives de l'économie américaine en dépit d'indicateurs publiés cette semaine qui ont laissé les cambistes sur leur faim. La FED semble toutefois satisfaitr de l'amélioration du marché de l'emploi qui a montré des signes de rétablissement évidents ces derniers mois.

Toutefois, l'unanimité n'a pas sa place pour le moment au sein du FOMC. D'autres membres ont mis en garde contre les risques de retirer les mesures de soutien prématurément alors que le taux de chômage reste quand même à un niveau élevé, à 7.9% de la population active.

Les membres du FOMC ont également mis en garde les marchés contre le fait qu'atteindre les niveaux d'inflation et d'emploi fixés par la banque centrale ne va pas se traduire automatiquement par une hausse du taux directeur.

En tout cas, l'environnement actuel sur les marchés financiers a totalement changé et les propos de la FED ont accentué ce mouvement. Le sentiment au risque semble de moins en moins jouer sur l'évolution des prix des devises au profit des fondamentaux. Sur le court terme, le dollar américain, aidé par l'anticipation d'un retrait prochain du QE, a de grandes chances de s'imposer face à ses principales contreparties, y compris peut-être même face au yen japonais.

Analyse technique:

EURUSD: Sous l'effet de perspectives économiques mauvaises pour l'euroland et à cause de la réorientation manifeste de la politique monétaire américaine, l'euro s'est effondré cette semaine et a accusé une perte de 1.42% avec quatre séances en baisse sur cinq. L'euro a connu un plus bas hebdomadaire à 1.3157 aujourd'hui et un plus haut à 1.3434 ce mercredi. La perspective des élections en Italie devrait continuer de mettre la pression sur l'euro.

USDJPY: Les nombreuses interrogations des cambistes au sujet de la politique monétaire nippone et des moyens que sont prêts à mobiliser Tokyo pour affaiblir le yen ont entraîné la baisse du dollar américain de 0.28% en variation hebdomadaire avec un plus bas à 92.91 atteint aujourd'hui et un plus haut à 94.20 atteint ce lundi. Tant que le nouveau gouverneur de la Banque du Japon n'aura pas été nommé et qu'il n'aura pas défini les grandes lignes de sa politique, il est probable que la pression demeure sur cette paire.

GBPUSD: Le prochain retrait vraisemblable du QE n'a pas vraiment profité à la livre sterling qui perd cette semaine 1.38% avec un plus bas atteint à 1.5132 hier et un plus haut à 1.5509 qui remonte à lundi. La devise britannique continue d'être fortement pénalisée par les perspectives économiques sombres pour le Royaume-Uni et par une politique monétaire qui n'est pas vraiment couronnée de succès. Selon les cambistes, la livre sterling est l'autre devise à shorter sur le marché des changes après le yen japonais.