eurozone la_nuitHier, l'euro s'est affaibli face à ses principales contreparties sur le marché des changes au fur à mesure de la publication des données macroéconomiques pour la zone, en particulier le taux de chômage qui a atteint un nouveau record à 12% de la population active, et des PMI qui continuent de se dégrader dans quasiment tous les pays de l'Union. L'économie européenne s'efforce de sortir la tête de l'eau mais les éléments communiqués pour le premier trimestre de l'année laissent les économistes circonspects.

De fait, l'euro apparait toujours comme une devise fragilisée sur le marché, finissant la séance autour de 1.2848. La devise a déjà perdu depuis le début de l'année 2.6% face au dollar américain. L'analyse technique nous indique que cette baisse devrait se poursuivre puisqu'il n'y a pas de points techniques majeurs avant le niveau de 1.26. A en juger par les retracements de Fibonacci et notamment le retracement à 62%, l'euro pourrait atteindre prochainement un plus bas de cinq mois sur le marché des devises à 1.2662. Ce niveau correspond au taux de change de la paire le 13 novembre dernier. A plus long terme, c'est le plus bas du 24 juillet 2012, autour de 1.2043 qui pourrait être atteint.

Du côté des devises mineures, la couronne suédoise a affiché sa deuxième séance consécutive de hausse contre le dollar américain à la suite d'un indice PMI suédois excellent, avec un passage en un mois de 50.9 à 52.1, soit largement en territoire d'expansion. On notera également que le dollar néo-zélandais a augmenté sur le marché des devises après que les prix des matières premières exportées aient augmenté de 7.4% en mars dernier, soit la plus forte hausse en l'espace de trois ans. Cela a propulsé le dollar néo-zélandais à un plus haut niveau depuis le 20 février face à la monnaie unique européenne.

Prévisions forex du jour:

Aujourd'hui, le marché sera essentiellement orienté par les indicateurs macro-économiques américains, dont l'indice ISM non manufacturier composite et l'enquête ADP sur l'emploi privé qui sert de bon indicateur selon les analystes pour anticiper les chiffres des NFP publiés vendredi.

Le marché va également continuer d'être agité par les évènements en Europe. Le blocage politique en Italie est en effet toujours un facteur d'inquiétude pour les cambistes. Le président Giorgio Napolitano a annoncé la formation d'un comité composé de dix personnes qui sera de charger de mettre sur pied un nouveau gouvernement avant la fin de son mandat dans six semaines. Ce nouveau gouvernement aurait essentiellement pour tâche de réformer la loi électorale et de préparer de nouvelles élections. Le dossier italien a donc de grandes chances d'influencer encore pendant longtemps l'évolution de l'euro sur le marché des devises.

Enfin, on risque d'observer un accroissement de l'attentisme des cambistes en prévision de la réunion de la BCE et de celle de la BoJ demain. La BCE ne devrait rien annoncer de nouveau bien que les cambistes salueraient manifestement une baisse prochaine des taux directeurs. En revanche, pour la BoJ, le statu quo ne devrait pas prévaloir puisque le nouveau chef de la banque centrale devrait annoncer une extension du programme de rachats d'actifs en intégrant les maturités supérieures ou égales à cinq ans. Le yen devrait donc réagir comme souhaité, à la baisse, mais à moyen terme on peut s'interroger sérieusement sur l'efficacité des mesures de la banque centrale qui envisage d'atteindre un objectif d'inflation à 2% d'ici deux ans, ce qui est jugé extrêmement ambitieux par les économistes.