pice en_eurosIl y a eu une très forte volatilité sur les marchés boursiers mondiaux toute la journée. Déjà, depuis quelques séances, on a peu constater un vent de panique, sur plusieurs actifs financiers, comme l'or ou encore la monnaie virtuelle Bitcoin. L'irrationalité semble prendre de plus en plus le dessus dans les échanges, ce qui s'est traduit aujourd'hui par une vague de rumeurs infondées qui ont fait plonger les bourses mondiales.

De nombreuses rumeurs venant des réseaux sociaux et notamment de twitter circulent dans les salles de marché. Parmi ces rumeurs figurent celle d'une dégradation imminente de la note de l'Allemagne, de ventes massives de stock d'or par l'Italie pour se désendetter ou encore d'erreur de manipulation sur plusieurs cours. Ces rumeurs sont toutes jusqu'à présent impossibles à vérifier. Les agences de notation n'ont notamment pas commenté les informations au sujet d'une perte du "triple A" allemand. Certaines places, comme à Paris, ont perdu jusqu'à 1.30% dans cette folie collective des investisseurs.

Le marché des devises a semblé toutefois résister un peu mieux à ces rumeurs nombreuses bien que l'appétit au risque ait poussé certaines valeurs, comme l'euro ou le dollar australien, à la baisse.

Les cambistes tentent de se concentrer sur les données macroéconomiques, d'où l'attention particulière apportée par le marché à la livre sterling. Cette dernière a atteint un plus bas d'un mois face à la monnaie unique en raison d'une hausse à 7.9% du taux de chômage (contre 7.8% précédemment). Par ailleurs, la publication du compte-rendu de la dernière réunion de la Banque d'Angleterre a déçu les tenants d'un effort supplémentaire en termes de politique monétaire. Seuls trois membres sur neuf (King, Miles et Fisher) ont voté en faveur d'une augmentation du programme de rachat d'actifs de 25 milliards de livres. Vraisemblablement, le marché ne peut rien attendre de la part de Londres tant que le nouveau gouverneur Carney ne sera pas installé.

Le marché des changes est en revanche resté impassible suite à l'annonce du maintien du taux repo à 1% par la Riksbank. La banque centrale suédoise a confirmé qu'il n'y aura pas de durcissement de politique monétaire avant au moins la deuxième moitié de l'année 2014. Le tout, alors que la couronne suédoise continue son ascension face à l'euro ce qui est vivement critiqué par les industries exportatrices du pays.

Enfin, l'autre banque centrale à présenter sa décision de politique monétaire aujourd'hui sera la Banque du Canada qui devrait maintenir son taux directeur à 1% à 16h comme prévu. En revanche, l'institut d'émission pourrait revoir ses prévisions de croissance dans la foulée de la révision à la baisse dévoilée par le FMI hier. Sous pression, le dollar canadien a touché un plus bas niveau depuis quatre semaines face au billet vert.

Le marché est enfin dans l'attente de la réunion, à partir de demain, des ministres des Finances du G20. Il est peu probable que la question de la guerre des devises et de la dévaluation compétitive des monnaies soit mise en avant. Le G20 a évacué le sujet lors de sa dernière réunion. Par ailleurs, Américains et Européens ne semblent pas vouloir mettre en cause la politique monétaire du Japon. Mario Draghi a déclaré une nouvelle fois en début de semaine qu'il n'y a pas de conflit au sujet des taux de change. Les Américains sont allés dans le même sens puisque le Département du Trésor a publié son rapport semi-annuel sur les devises qui évoquait principalement la sous-évaluation du yuan chinois et soutenait les efforts de Tokyo pour sortir de deux décennies de déflation. Bien que prudent, les cambistes ne s'attendent pas à un vrai remue-ménage lors de ce sommet de deux jours.