8 maiC'est une semaine courte pour les marchés financiers avec deux jours fériés consécutifs, aujourd'hui et demain. Bien que les principales bourses mondiales restent ouvertes et que les échanges sur le forex sont toujours possibles, une baisse forte des volumes est à prévoir et éventuellement un regain de volatilité parfois sur certaines paires.

La journée de mardi n'a pas vraiment conduit à un changement des règles du jeu sur le marché des changes. On a assisté à beaucoup de mouvements en matinée, avec par exemple une hausse de l'USDJPY ou encore de l'EURUSD mais à la fin des échanges européens, les paires étaient quasiment revenues à l'équilibre. Chacun se regarde dans les yeux en se demandant ce que l'autre va faire.

On notera également que les fonds spéculatifs ont beaucoup vendu de CHF hier, ce qui a entraîné mécaniquement une hausse de l'EURCHF, et c'est la même raison qui explique aussi la tendance haussière à l'oeuvre sur l'USDCHF.

La paire qui a connu la plus forte baisse parmi les majeures fut l'AUDUSD. C'est la conséquence directe de la baisse des taux à 2.75% décidée par la Banque de Réserve Australienne (RBA) pour faire face au ralentissement de l'économie chinoise. Le marché n'a pas été pris de court mais la théorie monétariste s'applique pour autant. De fait, le dollar australien s'est enfoncé sous son support très solide de 1.0200 pour atteindre un point bas à 1.0151. Les rumeurs qui ont circulé dans les salles de marché au sujet de nouvelles prochaines mesures de la part de la RBA n'ont pas arrangé les affaires de l'Aussie.

Avec l'assouplissement monétaire de la BCE la semaine dernière, et celui hier de la RBA, c'est un nouveau cycle monétaire qui s'ouvre. Face à la récession qui est parfois réalité dans certaines parties du globe, comme dans la zone euro, les banques centrales sont appelées à réagir. La baisse des taux directeurs devrait marquer la politique monétaire des prochains mois. L'objectif est, on l'a compris, de renouer avec la croissance, durable et forte.

En termes d'indicateurs macroéconomiques, tout plaide d'ailleurs pour de nouvelles mesures. La production industrielle française en mars est ressortie en recul de 0.9% contre un consensus à -0.2%. Heureusement, les commandes industrielles allemandes ont atteint une hausse de 2.2% sur le même mois, contre un consensus à -0.5%, ce qui a permis aux cambistes de se réjouir un peu. D'où le plus haut historique du Dax et la hausse de l'euro qui a cependant tourné court pour la monnaie unique face au dollar.

Les enjeux du jour:

Aujourd'hui, le marché des changes va être en mode pause. En effet, il n'y a strictement rien à attendre du côté des indicateurs macroéconomiques. L'IPC suisse et les mises en chantier au Canada ne sont pas ce qu'on appelle communément des moteurs du marché. En revanche, les cambistes devront faire attention à midi à la production industrielle pour l'Allemagne. Le chiffre concernera encore le mois de mars et le consensus est baissier, à -0.1%. Cependant, comme ce fut le cas hier avec les commandes d'entreprises, l'Allemagne pourrait réserver une bonne surprise.

Du fait de la faiblesse des volumes aujourd'hui, on pourrait alors voir l'euro fortement grimper face au billet vert si le chiffre est meilleur que prévu, avec un retour possible dans la zone des 1.3120/30.

Les autres paires ont en revanche peu de chances de connaître une forte évolution. On a pu le constater hier, les cambistes attendent bien souvent un signal quelconque pour prendre position sur le moyen/long terme, et saisissent plutôt les opportunités qui se présentent en intra-day. De fait, un test de la résistance à 100 yens pour le dollar n'est certainement pas encore envisageable, pour évoquer simplement un niveau que tous les investisseurs guettent.

Il faudra, si on envisage d'entrer sur le marché aujourd'hui, bien faire attention à placer son stop loss et son take profit, afin d'éviter des mouvements brusques possibles sur certains cross.