BMW logoL'incurie économique et budgétaire en Argentine est à maints égards assimilable à la situation qui prévaut au Venezuela. Les deux pays font face un phénomène de forte inflation et à une perte de confiance importante vis à vis de leur devise respective, ce qui a eu pour conséquence inévitable un expansion du marché noir des devises.

Malgré les efforts du gouvernement argentin pour contrer cette expansion, la différence entre le taux de change officiel et le taux de change du marché noir est désormais de 100% pour le peso, à 5.22 pesos pour un dollar contre 10.45 pesos pour un dollar.

Les Argentins se ruent de plus en plus sur le marché noir à la recherche désespérément d'un moyen pour préserver leur épargne alors que l'économie du pays est en situation d'hyper-inflation, quoi qu'en disent les officiels du gouvernement, avec en plus des taux d'intérêt réels négatifs. Plusieurs organisations internationales ont en effet souligné l'inexactitude des chiffres communiqués par le gouvernement en ce qui concerne la hausse des prix, le gouvernement s'efforçant d'ailleurs d'éviter au possible de communiquer sur le sujet. Ainsi, le FMI a émis une motion de censure contre l'Argentine récemment, pouvant entraîner l'expulsion du pays de l'organisation, ce qui a contraint le gouvernement à mettre en oeuvre un nouvel indicateur des prix à la consommation qui sera effectif à partir de septembre prochain.

Buenos Aires s'est efforcé de rassurer ces dernières semaines en affirmant que le peso argentin ne va pas connaître une dévaluation. Dans les faits, la dévaluation est déjà actée aussi bien par les investisseurs que par les citoyens et le différentiel de taux entre le marché noir et le cours officiel est là pour le prouver.

L'une des conséquences inattendue de la défiance croissante vis à vis du peso est la hausse spectaculaire des ventes de voitures de luxe étrangères dans le pays au cours des derniers mois, avec en tête des marques comme BMW ou encore Jaguar. Au cours du mois d'avril, les ventes ont ainsi connu une croissance de 30% sur un an, ce qui est la hausse la plus conséquente depuis près de vingt mois.

Cette expansion du marché des automobiles de luxe s'explique par le fait que le gouvernement argentin a cherché à davantage contrôler les achats de dollars au cours des derniers mois, avec de nouvelles lois plus restrictives, afin d'éviter une dollarisation de l'économie qui est pourtant déjà réelle. Importées au taux de change officiel, les voitures de luxe peuvent être achetées à moitié prix en se fournissant sur le marché noir monétaire.

Non seulement, les Argentins peuvent faire une bonne affaire mais, en plus, acheter une voiture de luxe devient une valeur refuge, comme peut par exemple l'être l'or, dans un pays où la devise nationale n'a quasiment plus de valeur ou, du moins, plus la confiance des agents économiques depuis plusieurs années. La gestion récente de la présidente Cristina Kirchner n'ayant évidemment pas favorisé le rétablissement économique. Ce mouvement a peu de chances de s'arrêter dans un avenir proche étant donné que l'inflation devrait atteindre 9.8% cette année, au moins, selon les experts internationaux.