BCE sige_socialAlors que le président de la Réserve Fédérale américaine Ben Bernanke annonçait récemment un changement de cap de la politique monétaire du pays, c’est au tour de l’Europe et de la BCE d’être au centre de toutes les attentions ce jeudi, jour de fête nationale aux Etats-Unis.

Il y a quelques semaines, la FED profitait d’une reprise générale de l’économie américaine pour annoncer un changement imminent de sa politique monétaire: la réduction du rythme d’achat d’actifs pourrait intervenir avant la fin de l’année mais un relèvement des taux d’intérêt ne devrait pas intervenir avant que le chômage ait atteint 6.5%. Si aux Etats-Unis les membres de la FED semblent s’accorder sur une fin d’une politique "d’assouplissement quantitatif", cela n’est pas du goût des dirigeants européens.

Un tel changement de cap n’est pas encore d’actualité en Europe pour la simple et bonne raison que la situation économique sur le Vieux-Continent n’est pas encore assez satisfaisante au point qu’il faille envisager des changements: la fin d’une politique accommodante ne "prendrait pas fin prochainement", affirmait la semaine dernière Mario Draghi devant l’Assemblée nationale. Le principal objectif de la BCE est le contrôle de l’inflation pour la zone euro, à l’inverse de la FED ou de la BoJ, et oriente sa politique en fonction d’un niveau de 2%. En juin, le taux d’inflation annuel est justement estimé à 1.6% pour la zone euro selon Eurostat, et ce niveau devrait satisfaire les objectifs de la BCE.

La banque centrale européenne ne va certes, pas changer de cap mais elle ne compte pas rester immobile et souhaite stimuler davantage la zone euro. Présenté en septembre dernier, le programme de rachat illimité d’obligations souveraines (OMT pour Outright Monetary Transanctions) pourrait bientôt être utilisé par les autorités. Ce dispositif souvent qualifié d’"arme" pourrait permettre à certains pays de se stabiliser, notamment les plus fragiles comme le Portugal dont le taux à 10 ans atteint son plus haut niveau de l’année à 6.902%. Pour Mario Draghi, "la zone euro a encore clairement besoin d’un soutien de la politique monétaire", l’OMT pourrait être une solution adéquate et le BCE pourrait endosser son rôle de prêteur en dernier ressort.

Depuis le mois de mai, le taux d’intérêt directeur de la BCE à atteint son plus bas niveau à 0.5%, après être passé sous la barre des 1% l’été dernier. Le président de la BCE souhaite ainsi soutenir la zone euro de manière illimité, au moins jusqu’au milieu de l’année prochaine, et ne devrait pas suivre le même chemin que la FED.

L’intervention de la BCE ce jeudi aura certainement un effet positif sur l’euro, la principale volonté de son président étant de rassurer les investisseurs, comme une réponse à un changement de politique de la FED.