mark carneyC’est sans surprise que l’on apprend que le Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a voté la préservation du taux directeur à 0.5% et poursuit sa politique d’assouplissement quantitatif (à 375 milliards de livres). La décision publiée à 13h souligne que la BoE poursuit son objectif de croissance par la facilité d’accès au crédit, inchangée depuis mars 2009. Une décision de Mark Carney? Quoiqu’il en soit, elle s’inscrit dans une continuité, mais n’est pas sans conséquence sur le forex. Après un plus haut hier à 1.1742, la devise britannique ne s’échange plus qu’à 1.1722 contre l’euro.

Pourtant, on aurait pu être en droit d’espérer une annonce, posant un horizon de fin de politique monétaire accommodante. En effet, la FED a annoncé une très probable fin du dispositif de Quantitative Easing d’ici la fin de l’année. Or, les Etats-Unis sont avec les Européens et la Chine les principaux partenaires commerciaux de la Grande-Bretagne. D’autre part, de nombreux indicateurs auraient pu mettre la puce à l’oreille. Dans un premier temps, une reprise britannique est constatée, qu’il s’agisse de l’industrie manufacturière, de la construction, secteur représentatif de la confiance, ou encore des services, qui pèsent à eux seuls 73% de la valeur ajoutée britannique.

Enfin, et surtout, l’indice britannique de l’inflation sur 12 mois mesurait en mai une inflation de 2.7%. Rappelons que l’objectif d’inflation était en 1.2% en mars ; un objectif clairement dépassé. Le 20 mars dernier, George Osborne, le ministre des finances britanniques, avait en effet suggéré que la Banque d’Angleterre ne soit plus qu’une simple gardienne de l’inflation sinon qu’elle prenne une position plus active afin de soutenir l’activité économique. C’est alors qu’intervient Mark Carney, le successeur de Mervyn King à la tête de la BoE.

Mark Carney est décrit bien plus agressif que son prédécesseur. Son approche est simple : il semble déterminé à accroître la masse monétaire à travers les outils du QE et des taux bas afin d’alimenter en liquidité les moteurs de la croissance : la consommation et l’investissement. Cependant, ce type de relance, bien que mathématiquement justifiée, peut-être biaisée par différents facteurs, et il n’est pas sûr qu’un QE plus important implique de meilleurs résultats. En revanche, l’inflation surviendrait sûrement.

En outre, la BoE s’est vue retrouver le 1er avril ses attributions de supervision bancaire. Autrement dit, Mark Carney est aujourd’hui investi de missions qui peuvent rapidement entrer en contradiction. Dans tous les cas, la livre sterling perd aujourd’hui du terrain face à ses contreparties majeures: l’euro et l’USD. Malgré cette attente du marché, Mark Carney est resté fidèle à sa réputation, prudent et attentif à l'inflation.