Yen-and-dollar-notes--006Le taux de chômage japonais est tombé ce matin! Il se révèle inférieur aux prévisions. On a pu constater une stabilité du chiffre à 4.1%, et aujourd’hui, il est de 3.9%. On peut supposer qu’il s’agit de l’effet de la politique monétaire avenante du Japon: l’intervention de la BoJ fait du yen une devise à faible valeur, de sorte que les exportations japonaises ne valent "rien". Le consommateur étranger, ou même une entreprise étrangère, préférera alors les biens et services japonais aux autres puisqu’à qualité inchangée, le prix est moindre. Il faut rappeler que l’économie japonaise repose sur l’achat de matières premières et de produits agricoles dont manque l’étroit archipel et sur des industries lourdes et mécaniques extrêmement modernes.

Les cours du yen se faisaient l’illustration d’un cas de création monétaire, perdant de façon continue du terrain face à toutes les paires. Or, face à la volatilité du dollar, le yen devient hésitant. Désormais sur un pan haussier, la publication de ce bon chiffre du chômage a poussé le yen à la hausse. Son regain amorcé hier face aux autres devises a provoqué un recul de 3.3% sur la bourse tokyoïte et le Nikkei 225 subit un choc de 2.97%. En outre, on apprend ce matin même le recul important de la production industrielle japonaise: -3.3% sur juin. Plus importante que prévu, le Japon reste coutumier avec cette désindustrialisation vers les dragons et les tigres d’Asie.

Les autorités japonaises ont également voulu renouer avec l’inflation dans le pays à hauteur de 2% (objectif annoncé dans le rapport de la BoJ). C’est que le Japon a connu les années précédentes une situation de déflation. Si l’inflation est souvent désignée comme une "euthanasie des rentiers" - terme de Keynes - la déflation augmente le pouvoir d’achat des retraités notamment. Or, le Japon a aujourd’hui plus de 20 millions de citoyens âgés d’au moins 65 ans. Si la déflation est aussi fuie, c’est bien parce qu’elle a aussi l’effet d’augmenter le poids réel d’une dette. Or, la dette japonaise, bien que détenue à 100% par les institutions bancaires japonaises, représente près de 245% du PIB. Il pourrait être intéressant de constater qu’il y a toujours possibilité pour le Japon d’effacer ses dettes sans provoquer de scandale international.

Aux vues de la semaine à venir, nul ne doute que le yen sera extrêmement sensible aux annonces de part et d’autre du Pacifique. En effet, la FED est attendue suite à la publication de nombreux indices américains dont notamment les chiffres des allocations chômage jeudi prochain. L’euro se tradera également à grande allure dès le 1er août alors qu’on déduira des PMI français et allemands le PMI européen à venir.