brazil-real jpg_1272209cl-8Si la semaine dernière a été riche en annonces et en publication pour à la fois l’Europe avec l’Euro-zone et l’Angleterre, pour le Japon, ou encore pour les Etats-Unis, les pays émergents ne sont pas en reste ; la pluie d’annonces n’est pas une spécificité occidentale. Les BRICS notamment ont connu une semaine chargée.

Pour commencer, le rouble russe a battu un nouveau record et s’établit à un plus bas de quatre ans face à l’euro à 43.974 RUB l’euro ! La chute libre de la devise s’explique depuis plusieurs semaines déjà par l’affirmation de la volonté de la FED de défendre l’économie américaine, suivie par la menace qui plane sur un retrait progressif du QE américain. L’effet qui en découle est logique. Les aides américaines ont inondé les marchés américains de liquidité si bien que les investisseurs se sont empressés d’affluer dans les pays dits "émergents", el-dorado des investisseurs. Or, ce mouvement a été stoppé par les propos de Ben Bernanke qui engageait la FED à ralentir sa politique accommodante. Dans ces conditions, les investisseurs sont incités à rapatrier leurs capitaux. Les devises des pays émergents chutent donc suite à ce mécanisme.

Le résultat n’est pas forcément négatif: au Brésil, la production industrielle a augmenté de 3.1% par rapport à l’année dernière, les ventes étant soutenues par le real brésilien déprécié. Le Brésil est toujours une terre attractive à conquérir pour les industriels: les constructeurs automobiles européens (dont Renault) et asiatiques se ruent sur le marché sud-américain avec comme porte d’entrée le Brésil. Rappelons que mardi dernier a été dévoilé que le Brésil à lui seul a connu une hausse de 7.40% des ventes automobiles contre 0.8% précédemment.

De son côté, la RBI (Reserve Bank of India) a annoncé jeudi dernier de nouvelles mesures pour réduire la volatilité de sa monnaie. Il s’agit de vendre des bons du Trésor (à hauteur de 220 milliards toutes les semaines). En effet, subissant une dépréciation de près de 13% depuis le début de l’année, cette mesure a permis à la roupie indienne de remonter une partie de la pente, le dollar américain s’échangeant aujourd’hui à 60.68 roupies. Evidemment, outre la spéculation sur le comportement monétaire américain, on trouve des fondements à cette dépréciation notamment dans le commerce puisque les exportations se révèlent chaque fois plus faibles et la balance ne cesse de se dégrader, entrainant la chute de la croissance indienne (5% pour l’année budgétaire passée).

Bref, ce sont des pays émergents à deux vitesses que l’on découvre. Tandis que l’Afrique du Sud plonge dans un chômage profond et que la Chine déçoit par sa balance commerciale très inférieure aux attentes (17.8 contre 27.2 milliards de dollars), d’autres pays refont surface en dépit de la grogne sociale: c’est le cas du Brésil notamment.