g7.jpgCe fut une nouvelle semaine mouvementée pour le marché des changes qui s'est ouvert un peu en berne pour la monnaie unique européenne, en raison de l'échec cuisant du G4 réuni le week-end dernier à l'Elysée sous l'égide du Président Nicolas Sarkozy. Les traders attendent en revanche beaucoup plus de la réunion de l'Eurogroupe ce dimanche où des décisions concrètes devraient être prises. Alors que l'Allemagne s'est juste que là refusée à une action coordonnée, ce qui a favorisé l'annonce de plans de sauvetage nationaux, notamment en Italie, il semblerait que les pays de l'Eurogroupe aient décidé d'adopter un plan d'action commun sur le modèle britannique. En effet, cette semaine, le gouvernement de Gordon Brown a annoncé la mise à disposition des banques et des établissements de crédits immobiliers de 200 milliards de livres sterling pour renforcer leurs fonds propres et restructurer leurs finances. Pour autant, cette annonce n'a nullement rassuré le marché des changes puisque la livre sterling a connu de nombreux bas face au dollar et à l'euro au cours de la semaine. La situation au Royaume-Uni est, à maints égards, plus inquiétante que la situation dans la zone euro car tous les indicateurs y sont au rouge, notamment le taux de chômage et le moral des entrepreneurs, laissant augurer que le Royaume-Uni est déjà entré en récession selon de nombreux observateurs. Ces données ont évidemment un effet retentissant sur le cours de la livre sterling sur le marché des changes.

En raison des incertitudes pesant sur l'avenir, les cambistes sont très prudents et nous pouvons observer un mouvement de repli des capitaux et d'aversion croissante pour le risque qui pénalise notamment les devises exotiques, dont le zloty polonais, bien que les fondamentaux des économies concernées soient excellents. La plupart des pays européens dont la devise est destinée à disparaître, au profit de l'introduction de la monnaie unique européenne, a considérablement souffert des craintes pesant sur le système financier européen. Ce mouvement de rapatriement des capitaux profite en revanche pour le yen, qui s'affiche en valeur refuge, mais aussi au dollar. A l'inverse, l'euro, qui n'apparaît toujours pas aux yeux de nombreux cambistes comme une valeur refuge ne profite pas de ce vaste mouvement.

Tout au long de la semaine, les gouvernements se sont efforcés de rassurer. Les banques centrales ont notamment occupé le devant de la scène, en décidant de manière concertée une baisse des taux d'un demi-point. Cette mesure a concerné la Fed, la BCE et leurs homologues suédoise, britannique, canadienne et suisse. La Banque de Chine a décidé de son côté une baisse des taux des prêts à un an tandis que le gouverneur de la banque centrale israélienne, Stanley Fisher, a annoncé la baisse de son principal taux directeur de 4,25 à 3,75% à compter du 12 octobre afin de doper la bourse de Tel Aviv. De son côté, l'intervention de la banque centrale brésilienne a permis un rebond en milieu de semaine du real brésilien qui était depuis plusieurs semaines sur une pente descendante face à la devise américaine.

Du côté américain, ce fut la mise en place du plan Paulson voté par le Congrès qui a occupé les esprits. La réunion des ministres des Finances du G7 a confirmé les informations dévoilées dans la semaine au sujet d'une possible prise de participation du gouvernement américain dans les banques afin de redonner la confiance. En effet, les responsables du Trésor américain affichent clairement leur scepticisme quant à l'impact d'une baisse des taux pour redonner sur le long terme la confiance aux investisseurs et optent davantage pour une prise de participation du gouvernement.

Enfin, la situation en Islande est peut-être la plus dramatique. Un internaute britannique a d'ailleurs mis à vendre sur e-Bay l'Islande. A l'heure actuelle, en dépit de la nationalisation des trois principales banques du pays et d'un prêt accordé par les Russes, l'Islande est au bord de la faillite avec une inflation à 15% et une dépréciation de la couronne islandaise de près de 60% en un an.