politique montaire_FEDSurprise générale la semaine dernière sur le forex. Considérant l'évolution économique aux Etats-Unis, la FED a annoncé maintenir inchangée sa politique monétaire très expansionniste. Ben Bernanke a décidé de laisser au final un lourd fardeau à son successeur qui aura la tâche difficile de piloter une sortie de l'assouplissement quantitatif sans nuire au redressement de la courbe de l'évolution du PIB.

A part les analystes de la Bank of America, peu avaient prévu ce mouvement de la banque centrale.

A y regarder de plus près, et en mettant en perspective les propos de Ben Bernanke tenus la semaine dernière, on comprend que trois éléments principaux vont conditionner le retour à une politique monétaire conventionnelle.

1. La nécessité d'avoir plus d'informations chiffrées

La FED a décidé de jouer la prudence et attend notamment d'avoir plus de statistiques sur l'état de l'économie aux Etats-Unis, en particulier concernant la trajectoire du taux de chômage et du taux de participation de la population active, avant d'envisager sérieusement de réduire son soutien. Les récents indicateurs macroéconomiques ont, certes, été jugés encourageants par les marchés financiers mais des doutes subsistent quant à l'évolution de long terme. Un choc sur l'économie n'est en rien totalement exclu.

2. Mieux comprendre comment un changement de politique monétaire affectera l'économie réelle

La banque centrale a tenté depuis le déclenchement de la crise d'influencer l'évolution des valeurs financières, sans pour autant perdre de vue l'économie réelle. Le redressement du marché immobilier américain, qui a commencé l'an dernier, doit encore se confirmer pour que la FED se sente plus à l'aise avec une stratégie de sortie du QE. Surtout, Ben Bernanke, qui a mis en oeuvre le forward guidance, cherche à canaliser les anticipations des agents économiques afin que le retour à la normale n'ait pas des effets indésirables sur les taux immobiliers, ce qui pourrait venir gripper la reprise brutalement.

3. Le fiscal cliff version 2013

Enfin, la FED n'a pas caché non plus ses préoccupations certaines concernant le fiscal cliff et redoute qu'un nouveau psychodrame opposant le Congrès à l'administration Obama, comme l'an dernier, au sujet du relèvement du plafond de la dette ne vienne perturber la reprise. Il est d'ailleurs fortement probable que les questions fiscales constituent le principal danger en cette fin d'année pour l'économie outre-Atlantique. Il faudra, en tant que trader forex, suivre de près l'évolution des débats à ce propos à Washington. Tant que cette menace subsiste, il est fort probable que la Réserve Fédérale n'ose pas changer de politique monétaire, quand bien même les indicateurs macroéconomiques pourraient l'inciter à le faire.