BCE sige_socialUn jour en avance, la BCE, qui est réunie exceptionnellement à Paris, va annoncer aujourd'hui sa décision de politique monétaire. Selon les dernières enquêtes, notamment celle menée par Bloomberg, aucun changement n'est prévu avec un taux de refinancement qui devrait rester à un plus bas historique à 0.5%.

La BCE va essayer de maintenir son soutien aussi longtemps que possible afin de permettre un retour durable de la croissance dans la zone euro, alors que les risques demeurent, avec un excès de liquidité constaté sur les marchés des taux et aussi une crise politique en Italie dont les conséquences sont encore difficiles à cerner.

Mario Draghi, dans sa conférence de presse de cet après-midi, ne devrait pas annoncer une troisième opération de refinancement à très long terme, comme ce fut anticipé un temps par les analystes devises. La première des deux opérations de LTRO, dans le jargon de la BCE, doit arriver à expiration à la fin de cette année. Le gouverneur devrait seulement se contenter, pour le moment, de réaffirmer avec force que la banque centrale va étendre sa politique de soutien aux banques de second rang aussi longtemps que nécessaire. Cela pourrait toutefois se traduire, à terme, par un troisième cycle de LTRO.

Mario Draghi va donc pour l'instant se contenter de la force des mots, à défaut de nouvelles mesures de soutien qui ne s'avèrent pas essentielles à l'heure actuelle, la croissance continuant de s'améliorer. Depuis déjà plusieurs mois, la BCE a beaucoup essayé de canaliser les anticipations des agents économiques. On a appelé cette stratégie, aussi utilisée par la Réserve Fédérale américaine, le forward guidance.

L'enjeu pour la BCE est surtout de confirmer aux agents économiques que son soutien demeure afin qu'ils continuent d'investir et que les banques de second rang accentuent leurs opérations de prêts, ce qui est nécessaire pour relancer la machine économique de la zone euro.

Depuis son arrivée à la tête de la BCE, Mario Draghi a su s'imposer avec succès face aux marchés financiers et a réussi à capter leur attention, aussi bien que Ben Bernanke pour les Etats-Unis.

Le marché des changes n'attend donc rien d'extraordinaire aujourd'hui et ceux qui prévoient de forts mouvements sur l'eurodollar pourraient être rapidement déçus. La volatilité sera bien-sûr au rendez-vous comme c'est toujours le cas dans une telle situation mais sans être exacerbée. Mario Draghi va sûrement accès sa conférence de presse sur deux axes: le soutien continu de la BCE, et la reprise économique qui demeure fragile, avec un niveau de chômage dans l'euroland encore trop élevé, et qui doit donc être soutenue par tous les moyens. Les cambistes devraient simplement être rassurés. Comme aux Etats-Unis, nul sortie des mesures non conventionnelles pour le moment dans l'Union Monétaire.