dollar australien_forex.fr Bien que grandement anticipée par le marché des changes, l’annonce de la FED sur la poursuite de ses mesures de soutien à l’économie américaine a quelque peu surpris les investisseurs qui ont pris acte du regain d’optimisme de la Réserve Fédérale quant à la diminution des risques qui pèsent sur la croissance américaine. La fin de la politique de rachat d’actifs n’est donc toujours pas datée mais les marchés semblent avoir à l’esprit que le bol de punch ne sera plus de la partie dès lors que l'activité battra son plein.

Le dollar australien a ainsi cédé un peu de terrain face à la devise américaine mercredi soir. Cependant, si cette annonce affecte la paire à court terme, la tendance générale reste à la hausse avec une progression de la monnaie australienne de près de 6% face au dollar américain au cours des trois derniers mois. En effet, l’incertitude qui a longtemps pesé sur l’issue de la tragi-comédie du shutdown américain soulève aujourd’hui de nombreuses questions qui pourraient venir une nouvelle fois ébranler la toute-puissance du billet vert. La capacité du Sénat américain à trouver un terrain d’entente quand le plafond de la dette sera de nouveau atteint constitue notamment l’une des inquiétudes majeures qui font pression à la baisse sur le dollar américain. Cette mauvaise passe qui aurait déjà coûté 0.6 point à la croissance américaine selon l'agence Standard & Poor's est cependant à nuancer avec l’arrivée prochaine de Janet Yellen à la tete de la FED. L'audition de la femme la plus puissante au monde courant novembre au Sénat américain en dira plus long sur ses objectifs et intentions en terme de politique monétaire. Les principales interrrogations sur son action à venir portent tant sur l’influence de son mari, Georges Akerlof, dans l’exercice futur de ses fonctions que sur sa supposée méconnaissance des marchés financiers, Janet Yellen n'ayant jamais travaillé pour d'une banque d'investissement à l'inverse de nombre de ses prédécesseurs.

Côté australien, le pays résolument tourné vers l’international et exportateur de matieres premières profite de l’amélioration de la santé économique de ses principaux partenaires commerciaux. Le devise australienne a ainsi accueilli avec enthousiasme la publication le 19 octobre dernier d'une croissance chinoise qui culminait à 7.8% au 3ème trimestre en rythme annuel (chiffre qui fait suite à la progression de 7.5% enregistrée au second semestre). Le rebond de l’activité chinoise ne fait désormais plus doute. L’extraction de charbon, de fer et d’or dont la Chine est un client de premier choix soutient depuis la demande de monnaie australienne. Symétriquement, une demande accrue de minerais, dont le sous-sol australien regorge, ouvrirait la voie à nombre d’investissements qui pourraient bien trouver leur bonheur dans l’exploration de nouveaux gisements. Il est désormais primordial de garder un oeil sur l'ampleur de la reprise asiatique; un cocktail tonifiant mêlant exportations dynamiques et investissements massifs sur le sixième continent est si vite arrivé.

Ainsi, bien que les perspectives macroéconomiques et commerciales auraient pu laisser entrevoir une parité, les récentes déclarations du gouverneur de la Banque Centrale d’Australie n’ont pas permis d’insufler cette confiance à la paire AUD/USD. Glenn Stevens a ainsi précisé mardi 29 octobre que l’appréciation actuelle de la devise australienne n’est aucunement justifié par le dynamisme de l’économie nationale. Le principal taux directeur du pays, pourtant au niveau historiquement bas de 2.50% pourrait être amené à baisser une fois de plus si la menace d’un Aussie fort venait à se présenter, la parité annoncée aurait dès lors bien du mal à voir le jour.