MINTAprès les BRICs, acronyme désignant le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, et qui constituait l'opportunité d'investissement très rentable des dix dernières années, voici un nouvel objet à peine identifié de la finance: les MINT.

C'est une nouvelle fois Jim O'Neill, jeune retraité de Goldman Sachs, qui a fait la promotion de ce terme qui fait référence à un autre groupe de pays émergents et qui, à en croire l'économiste, pourrait surprendre par ses performances économiques dans les dix prochaines années. Les MINT se réfère explicitement au Mexique, à l'Indonésie, au Nigéria et à la Turquie.

Les investisseurs ayant abandonné l'idée que les BRICs vont pouvoir maintenir un rythme de croissance suffisant pour rattraper les pays développés, en témoignent les perspectives économiques pessimistes de la Russie pour les dix ans à venir, il fallait bien que de nouveaux géants au pays d'argile fassent leur apparition pour satisfaire les investisseurs.

Les MINT disposent effectivement de nombreux atouts, avec une démographie favorable, des économies de plus en plus ouvertes, et parfois certaines mannes, notamment le pétrole, qui valorisent toujours les économies des pays concernées. Cependant, pour constituer de réelles opportunités pour gagner de l'argent, ces pays vont devoir réussir à maintenir des rythmes de croissance élevés sur la longue durée, parfois à un niveau d'environ 7%. Pour information, l'Indonésie pointe seulement à 5% et on sait à quel point il peut être difficile d'aller au-delà.

Surtout, il est fort probable que les MINT tombent dans les mêmes écueils que leurs grands frères des BRICs, c'est-à-dire des tensions sociales fortes, qui nuisent à l'environnement des affaires, l'incapacité à développer une économie compétitive sur tous les secteurs de marché, ou encore le terrorisme et le fondamentalisme qui sont des données à prendre en compte considérablement pour les MINT.

La nouvelle sortie du talentueux Jim O'Neill a le mérite de mettre l'accent sur un groupe de pays à fort potentiel dans les années à venir mais ce n'est pas pour autant qu'il faut se précipiter pour investir sur place, ou sur les marchés boursiers locaux des MINT. Des efforts en matière de baisse de la corruption, de transparence des échanges, de respect du droit des contrats et de la propriété privé, ou encore de rapidité administrative pour traiter les demandes des entreprises étrangères sont juste quelques uns des défis à relever pour les MINT avant de pouvoir réellement constituer des opportunités intéressantes d'investissement, avec un risque raisonnable.