rvolution orangeL'économie ukrainienne demeure en récession, avec des fondamentaux qui restent préoccupants: la production industrielle du pays a chuté de 5.6% sur un an en septembre.

L'instabilité politique et le bras de fer avec la Russie, qui a imposé des contrôles stricts à ses frontières pour limiter les exportations ukrainiennes, ont eu pour conséquence un fort déficit des comptes courants qui représente près de 7% du PIB et qui risque de s'accentuer dans les mois à venir. Le niveau actuel est déjà considéré par les économistes comme insoutenable, ce qui va obliger le pays à prendre de nouvelles mesures d'austérité, entretenant ainsi la récession en 2014.

Le refus de Kiev, la semaine dernière, de signer un accord d'association avec l'Union Européenne constitue un signal très négatif pour les investisseurs étrangers et va accentuer la détérioration du climat des affaires dans le pays. L'Ukraine semble avoir cédé aux pressions de la Russie sans pour autant obtenir des avantages commerciaux en échange.

Dans ce contexte économique et budgétaire, les deux principaux risques pour 2014 sont un défaut de paiement du pays et la dévaluation de la monnaie locale, la hryvnia, en raison d'une insuffisance des devises étrangères. Le premier scénario a été validé début novembre par l'agence de notation S&P qui a abaissé la note du pays au niveau de la Grèce et du Belize, assortie d'une perspective négative. Une restructuration semble de plus en plus inévitable en raison de la dégradation des finances publiques.

La banque centrale ukrainienne va également être dans l'impossibilité de maintenir le cours actuel de la hryvnia face au dollar américain, à 8.2. Selon l'agence S&P, la dévaluation à venir pourrait conduire la parité à 9.5 avant éventuellement une nouvelle dévaluation en 2015. La méfiance vis-à-vis de la monnaie nationale constitue un puissant facteur de dollarisation de l'économie, comme on peut le voir également en Argentine ou au Venezuela, deux pays dont le risque de défaut de paiement est parmi les plus élevés au monde.

Toutefois, les principaux sacrifices à venir pour l'Ukraine ne devraient avoir lieu qu'après l'élection présidentielle de mars 2015. Le gouvernement actuel va essayer de gérer les affaires courantes en limitant la prise de mesures impopulaires. Le refus de l'Ukraine d'affirmer son ancrage européen et le poids du calendrier électoral vont nuire au train nécessaire des réformes et pourraient conduire le pays à affronter en 2015 une situation inextricable sans aide de la communauté internationale.