shekel forex8.7%, c'est l'augmentation depuis le début de l'année du shekel israélien qui figure parmi les devises qui ont connu la plus forte hausse annuelle. Et ce, en dépit de trois baisses des taux directeurs, à un plus bas de 1%, et de près de 4.7 milliards de dollars investis dans des rachats de devises sur le marché afin d'influer sur le taux de change. Sans effet.

La petite économique dont la vitalité repose au trois quart sur les exportations est victime de la nouvelle géopolitique monétaire qui a conduit à un affaiblissement prononcé du dollar américain et de l'euro sur fond de performances économiques encore médiocres.

Les Etats-Unis et la zone euro, qui sont les deux principaux partenaires commerciaux d'Israël, sont, à cause de leurs problèmes internes, directement responsables de la dégradation du taux de change du shekel.

Pour réussir à passer cette mauvaise période, le pays peut compter sur l'arme monétaire avec toutefois un bémol. Les achats de devises effectués depuis le début de l'année n'ont pas réussi à influencer sur la durée le shekel qui campe en cette fin d'année autour de 3.4 face au dollar alors que les milieux industriels plaident au minimum pour un taux de 3.8. Les interventions directes sur les changes vont se poursuivre l'année prochaine mais l'une des solutions possibles pour la banque centrale serait, à l'image de ce qu'a fait avec succès la Banque Nationale Suisse, d'établir un cours plancher afin de limiter la capacité d'appréciation de la monnaie nationale. Cette option ne semble pas encore envisagée par le gouverneur Karnit Flug car elle a pour inconvénient majeur de faire tourner la planche à billets et d'éventuellement entretenir la hausse des prix dans un pays qui a connu dans les années 80 une période d'hyper-inflation traumatisante. La marge de manoeuvre monétaire reste faible et seul, un retrait progressif des mesures d'assouplissement de la FED, pourrait relâcher un peu la pression haussière sur le shekel.

L'autre solution de plus long terme est de diversifier les partenaires commerciaux du pays en direction des pays émergents et notamment de l'Asie. C'est le discours qui a été tenu la semaine dernière à l'occasion de la réunion de l'OMC en Indonésie par les représentants israéliens. Ils ont cherché à nouer des partenariats commerciaux directement avec plusieurs pays à cette occasion, dont la Russie, la Chine, le Vietnam, l'Inde ou encore la Thaïlande. Israël a même milité pour des accords de même type avec le monde musulman mais le pays fait alors face à des enjeux politiques liés au dossier palestinien qui empêchent pour le moment toute avancée commerciale significative. Un accord prochain devrait être en revanche signé avec Moscou, Israël ayant de bons contacts avec la Russie à cause d'une forte population immigrée venant de l'ex-bloc soviétique.

A court et moyen terme, le shekel fort devrait rester cependant la norme. La banque centrale a publié une note pessimiste dans ce sens récemment, considérant que les exportations du pays seront de fait encore pénalisées en 2014. Malgré plus de 5.6 milliards de dollars qui vont être utilisés pour infléchir le taux de change du shekel.

Le problème rencontré par Israël est représentatif de la situation de nombreux pays émergents qui appuient leur développement économique sur les exportations, restant dépendant de la conjoncture internationale. A cela s'ajoute, dans le cas précis, des difficultés politiques insolubles pour le moment.