eurogroupeLes derniers indicateurs macroéconomiques de l'année pour la zone euro sont publiés en ce moment. Résultat plutôt positive dans l'ensemble, bien que certains pays affichent des performances inquiétantes (à ce sujet: Voici l'indicateur économique qui devrait faire peur à l'Elysée et à Matignon).

Le PMI flash composite pour l'Union a atteint un point haut de trois mois à 52.1 en décembre contre 51.7 un mois plus tôt. La version finale ne sera pas publiée dans l'immédiat mais selon Markit qui a mené l'enquête elle devrait peu diverger de l'estimation flash.

Cet indicateur souligne une reprise de l'activité économique, puisque le chiffre est ressorti au-dessus de 50. Les marchés financiers avaient été inquiets ces derniers mois après deux chutes successives qui faisaient craindre le scénario d'une reprise encore plus lente et fragile qu'escompté déjà par les économistes.

L'activité est donc bien de retour et sur le bon chemin mais ce n'est pas pour autant que l'année 2014 sera sans danger. En effet, ce PMI souligne une croissance de seulement 0.2% du PIB au quatrième trimestre, ce qui signifie que l'activité n'est pas à l'abri d'une rechute. La zone euro est loin des performances rassurantes affichées par certains de ses partenaires commerciaux, en tête les Etats-Unis.

Dans le détail, le niveau actuel de l'euro face aux autres monnaies permet encore de favoriser les exportations. Plusieurs pays de la zone ont en parallèle du processus de désendettement réussi à baisser le coût du travail, ce qui a renforcé la compétitivité. En revanche, dans de nombreux pays, la demande domestique demeure faible, ce qui explique en grande partie pourquoi le PMI Services reste médiocre.

La séparation de l'Europe en deux se confirme également à en juger par les estimations qu'on peut faire grâce à ce PMI. L'Allemagne pourrait afficher une croissance solide de 0.5% au denier trimestre tandis que la France, qui apparait de plus en plus comme l'Homme malade de l'Europe, devrait techniquement tomber en récession en cette fin d'année selon plusieurs analystes.

Ce décalage devrait au cours de l'année prochaine probablement inciter la BCE à prendre de nouvelles mesures de soutien, au minimum le lancement d'une nouvelle opération de LTRO en direction des banques, avec pour effet une accentuation de l'inclinaison baissière sur l'euro.