drapeau-bresilFin novembre, nous annoncions un taux de change optimal pour le real brésilien en tenant compte de l'évolution macroéconomique du pays émergent et également de la nouvelle donne monétaire américaine.

Cependant, un nouveau paramètre doit être souligné: l'inflation dans le pays, mesurée par l'indice des prix à la consommation, finit l'année 2013 au-dessus de la cible de la banque centrale à 5.91%. C'est la quatrième année consécutive que l'institution ne parvient pas à gérer au mieux l'évolution du niveau général des prix.

L'un des facteurs explicatifs est l'afflux de hot money, c'est-à-dire des investissements spéculatifs qui cherchent de bons rendements sur le court terme alors que les pays développés affichent tous des taux proches de zéro. Le Brésil, comme la Chine, sont deux pays privilégiés pour ce type d'investissement.

Alors la sortie progressive des mesures exceptionnelles de la Réserve Fédérale, on anticipe logiquement un rapatriement de ces fonds des pays émergents vers les Etats-Unis mais aussi d'autres zones développées, comme le Royaume-Uni. Pour autant, les déséquilibres au Brésil risquent de perdurer car l'ajustement en cours se fera très lentement.

Le potentiel baissier du real brésilien est limité avec un taux de change à court et moyen terme proche de 2.30 face à l'USD. Un sursaut est cependant anticipé cette semaine puisque la banque centrale, face à une situation inflationniste préoccupante, ne pourra pas éviter d'envoyer un signal de sérieux monétaire aux investisseurs.

Ce qui devrait se traduire par une hausse ce mercredi des taux de 25 points de base selon le consensus Bloomberg qui a été publié avant les chiffres de l'inflation de décembre. Nous anticipons une hausse qui pourrait atteindre 50 points de base en tenant compte des dernières données. Ce qui pourrait en intraday permettre un rebond de très court terme sur le BRL.

Une hausse d'une telle ampleur montrera la volonté du gouverneur à agir contre l'inflation alors que de nombreux pays d'Amérique du Sud peinent à maîtriser ce paramètre mais l'effet immédiat macroéconomique sera long. Jusqu'à 18 mois comme l'enseigne la doctrine monétaire.

L'autre chantier pour 2014 sera le retour à une croissance beaucoup plus vivace, avec l'impossibilité au final d'agir trop à la hausse sur les taux. C'est cette faible marge de manoeuvre de la politique monétaire qui conforte notre vision court et moyen terme d'un taux de change sans grandes fluctuations pour l'USDBRL.