Hausse du_taux_SELICTous les projecteurs sont tournés vers le Brésil aujourd'hui où la principale réunion de banque centrale de la semaine doit se tenir. Avec, en ligne de mire, un changement au niveau des taux.

Une hausse des taux de 25 pdb ou de 50 pdb?

Après une hausse des prix à la consommation de 5.91% en 2013 contre une attente à 5.74% par les autorités et un chiffre de 5.84% en 2012, le marché des changes est unanime: la banque centrale brésilienne va devoir envoyer un signal fort. En d'autres termes, augmenter son principal taux d'intérêt, le SELIC. Avant l'annonce vendredi dernier de l'inflation, le consensus tablait sur une progression de 25 pdb mais les derniers chiffres devraient inciter la banque centrale à agir plus fortement avec une progression probable de 50 pdb. Ce qui ramènerait le taux SELIC à 10.5%.

Trois causes majeures de l'inflation

Comme l'a précisé le gouverneur de la banque centrale brésilienne, Alexandre Tombini, qui doit essuyer un échec puisqu'il n'a pas réussi à maintenir l'inflation dans les bornes, trois causes principales expliquent cette forte hausse du niveau général des prix. Il s'agit de la dépréciation continue sur le Forex du real brésilien, du coût du travail et également du coût de plus en plus élevé des transports.

Le problème, c'est que la banque centrale fait face à une situation délicate, avec un désamour des investisseurs pour le Brésil, ce qui explique une prévision de croissance pour 2014 de seulement 2%, et une inflation qui pourrait même pointer au-dessus de 6% sans mesures supplémentaires dans les mois à venir.

Nous estimons que, malgré une activité faible, le Brésil ne pourra pas faire l'économie de hausses supplémentaires des taux en 2014 car son objectif principal reste justement de contenir l'inflation.

Quel impact sur le taux de change de l'USDBRL?

A court terme, la hausse des taux attendue aujourd'hui pourrait permettre un faible rebond de l'USDBRL mais il ne faut pas parier sur un mouvement durable. Même les mauvais chiffres des NFP de vendredi dernier n'ont pas permis au BRL de réellement gagner du terrain.

Depuis trois mois, en intégrant notamment dans les prix les nouvelles données de la politique monétaire américaine, la paire de devises s'est appréciée de près de 9%.

C'est incontestablement un mouvement de long terme qui est à l'oeuvre et qui devrait s'accentuer encore dans les mois à venir, hausse ou pas du taux SELIC. Après une zone de fin d'année optimale autour de 2.30, la hausse en cours sur la paire pourrait la conduire vers 2.45 sur un an, un niveau qui avait déjà été effleuré en août 2013.