croissance conomique_chinoiseTrois facteurs sont à prendre en compte en ce début d'année, reflétant en grande partie des problèmes de plus long terme: le risque politique, les déséquilibres commerciaux et l'inquiétude généralisée au sujet des conséquences de la nouvelle politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine.

La stabilité du zloty polonais rappelée

Au cours des dernières années, la Banque Centrale Polonaise a pu maintenir le niveau du zloty polonais relativement stable sur le marché des changes à la faveur d'une politique monétaire qui a toujours mis à l'honneur le respect de la cible d'inflation. Bien que la demande ait montré récemment des signes d'affaiblissement, l'amélioration du compte courant et le maintien d'un niveau d'inflation dans les bornes officielles devrait assurer à moyen et long terme la stabilité du taux de change du zloty face au dollar et à l'euro. Un mouvement baissier de faible ampleur n'est pas à exclure et il résultera alors principalement des conséquences, en termes d'investissement, du Tapering.

L'affaiblissement du rouble acté

Le niveau du rouble sur le Forex est compromis en raison des déficiences structurelles de l'économie russe, avec une balance commerciale fortement déséquilibrée et, également, un niveau d'inflation qui reste encore élevé. Bien que les chiffres de fin 1999 ne soient plus d'actualité, le niveau général des prix constitue une incitation forte pour que la banque centrale opte pour une politique monétaire par nature restrictive. Surtout si elle veut atteindre ses objectifs d'inflation à 5.0% pour 2014 avant une chute graduelle à 4.0% en 2016. En parallèle, la deuxième ambition de l'institution russe est de parvenir à une flottement libre du rouble en 2015. Une étape décisive vient d'être franchie en ce début d'année puisque la banque centrale a annoncé la fin de ses interventions directes sur les changes qui vont passer de 60 millions de dollars à zéro. Conséquence de cela: l'USDRUB a atteint la semaine passé un plus haut niveau de douze mois, après une chute du RUB de 10% en 2013. L'affaiblissement du rouble est la contrepartie d'un libre flottement, en l'état actuel de l'économie russe.

La lire turque victime du risque politique

En fin de semaine dernière, un nouveau plus bas fut atteint pour la lire turque face au dollar américain à 2.2292. Depuis l'annonce du scandale politique en Turquie, la monnaie nationale n'a cessé de battre des records historiques, nonobstant les interventions de la banque centrale. Structurellement, le ralentissement de la croissance, auquel il faut ajouter l'accentuation du risque politique, constitue un véritable défi pour la lire. Mais, il ne faut pas oublier que la politique monétaire de la FED a aussi pour effet un rapatriement des investissements aux Etats-Unis, au détriment de pays comme la Turquie. La crise de confiance actuelle devrait s'atténuer dans les prochains mois mais les fondamentaux économiques du pays, notamment un large déficit courant, vont continuer d'affaiblir la lire.

Elargissement de la bande de fluctuations du yuan

La sur-évaluation du yuan chinois face aux autres monnaies est désormais moins manifeste et, contrairement à d'autres économies émergentes, la Chine affiche une meilleure résistance face à la politique monétaire américaine, avec une exposition aux mouvements du marché plus faibles. La banque centrale chinoise devrait poursuivre sa stratégie des dernières années en autorisant l'appréciation graduelle du yuan mais probablement à un rythme plus modéré alors que la croissance économique se fait moins forte. La bande de fluctuations quotidienne de la devise pourrait être élargie par ailleurs, de + ou - 1% de nos jours à + ou - 2% d'ici la fin de l'année. Ce qui semble logique étant donné la volonté de Pékin d'internationaliser le yuan chinois.

Ajustement nécessaire pour la roupie indienne

La roupie indienne a longtemps été sur-évaluée mais les récents désagréments économiques de l'Inde ont obligé les autorités à opérer un ajustement jusqu'à conduire la monnaie nationale à un niveau qui peut être considéré comme sous-évalué. Avec pour avantage une meilleure latitude du pays pour faire face à la dette. La baisse de la roupie pourrait encore s'accentuer dans les prochains mois avant que le taux de change ne se stabilise. Le principal enjeu intérieur reste les élections du printemps qui devrait cependant ne pas créer une aversion au risque substantielle. Les récents sondages confirment que l'actuelle coalition sera remplacée par une autre plus réceptive aux réformes. Ce qui devrait constituer un point positif pour les investisseurs étrangers.