analyste de_marchDepuis la réunion de décembre, les données macroéconomiques ont modestement déçu les cambistes. Notons toutefois le rapport sur l'emploi et le chômage qui constitue certainement la plus mauvaise surprise. Mauvaise surprise qu'il convient de relativiser étant donné que les chiffres ont été biaisés par les températures extrêmes du mois dernier.

A l'inverse, les dernières statistiques à propos de la production industrielle, de l'ISM manufacturier ou encore les indicateurs régionaux de la FED sont plutôt encourageants et confirment que la croissance américaine va considérablement s'étoffer en 2014. Vraisemblablement au-dessus de 3% en annuel.

Il semble très improbable que la banque centrale américaine révise ce soir ses projections de court terme pour l'économie outre-Atlantique.

En revanche, dans son communiqué, la FED pourrait reconnaître explicitement les chiffres du chômage de décembre ont été décevants, en soulignant clairement qu'il s'agit d'un phénomène saisonnier exceptionnel, et pourrait aussi rassurer sur l'état du secteur immobilier qui a connu ces derniers mois des données en ralentissement.

L'enjeu de ce soir reste le forward guidance qui pourrait être ajusté. En effet, le taux de chômage officiel, actuellement à 6.7%, se rapproche de plus en plus du seuil macroéconomique établi par la banque centrale à 6.5%. En dessous de ce seuil, le marché peut s'attendre à une hausse des taux.

Cependant, le soutien à l'économie doit encore subsister longtemps, et selon les projections du marché, une hausse ne devrait pas survenir avant, au mieux, l'été 2015. De fait, il est probable que la FED abaisse ce soir ou lors de sa prochaine réunion son objectif de taux de chômage. Ou, du moins, souligne que cet objectif même atteint n'entraîne pas automatiquement de modification du taux directeur.

Le scénario d'une baisse de 10 milliards de dollars du montant des rachats d'actifs fait consensus.