BCE sige_socialDéfi n°1 - L'inflation est bien en-dessous de la cible officielle

Le déclin de l'inflation se poursuit avec une progression de seulement 0.7% en janvier dans l'ensemble de l'euroland contre 0.8% en décembre. Le niveau devrait probablement rester identique en février et même continuer de chuter en mars, vraisemblablement selon le consensus autour de 0.5% mensuel. Par comparaison, la BCE table toujours sur une hausse de l'inflation à 1% au T1. Si le scénario du marché est validé, il est fortement probable que la BCE sera contrainte de revoir à la baisse ses prévisions d'inflation pour 2014 le mois prochain.

Le principal risque lié à l'inflation n'est pas immédiatement le scénario d'une déflation mais bien plus un désancrage des anticipations d'inflation des acteurs de marché, ce qui est déjà perceptible si on s'intéresse au swap d'inflation à dix ans dans la zone euro qui évolue proche de ses points bas de 2008. Cette situation constitue déjà un fort argument en faveur d'un nouvel assouplissement de la banque centrale aujourd'hui.

Défi n°2 - Le resserrement des taux à court terme du marché monétaire

L'autre défi pouvant inciter la BCE à assouplir sa politique monétaire, le phénomène en cours sur le marché monétaire. En effet, le resserrement injustifié des taux à court terme sur le marché monétaire se poursuit. En janvier, le taux EONIA, l'un des principaux taux de référence pour l'Union depuis 1999, est resté très proche du taux de refinancement de la banque centrale. Bien-sûr, il n'est pas pour autant certain que l'excès de liquidités actuellement constaté soit la principale préoccupation de Mario Draghi et de ses collègues. En revanche, sans action de la part de la BCE pour calmer les marchés, il y a encore de grandes chances pour que la volatilité du taux EONIA persiste.

Défi n°3 - Les conditions de crédit

Enfin, les conditions de crédit demeurent toujours préoccupantes pour la zone euro. On constate, lorsqu'on se penche sur les chiffres, que le resserrement du crédit est toujours d'actualité, ce qui explique en partie la faible croissance économique. Les données de décembre étaient notamment très préoccupantes. Le déclin au niveau des prêts bancaires est causé en grande partie par l'ajustement du bilan des banques de second rang à l'occasion du passage à la nouvelle année mais un manque de confiance n'est pas exclu également. Il est donc fortement probable que, lors de son intervention cet après-midi, Mario Draghi commente de nouveau les données du crédit en zone euro et souligne la nécessité que les banques prêtent davantage au secteur privé, via éventuellement la mise en place d'un dispositif contraignant de la banque centrale.