batiment fed forexLors de la dernière réunion des banquiers centraux à Jackson Hole, Janet Yellen, la présidente de la fed, a porté un discours plutôt nuancé concernant la reprise économique des Etats-Unis. Malgré le retour de la croissance, le marché du travail reste encore fragile, en raison notamment d’une faible création d'emploi et d’une stagnation des salaires.
Pourtant, lors de la dernière publication du taux de chômage américain, nous avons pu, une nouvelle fois, constater un taux de chômage très faible, et ce, depuis maintenant plusieurs mois.
Nous essaierons donc de comprendre sur quoi porte les inquiétudes de Yellen et quels impacts celles-ci peuvent avoir sur la devise américaine et le forex.

Chute spectaculaire du taux de chômage
Face à la crise et pour relancer l'économie du pays, les principaux objectifs de la fed étaient de ramener l'inflation à un taux cible de 2% et le taux de chômage sous les 6,5%. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la chute spectaculaire du taux de chômage aux Etats-Unis a surpris la plupart des spécialistes. Entre fin 2009 et aujourd'hui, le taux de chômage est passé de 10% à 6,2%, pour retrouver son niveau d'avant crise, un niveau proche du taux de chômage structurel américain.
Ces chiffres pourraient donc nous laisser penser que l'économie américaine est bel et bien sorti de crise et que la fed a réussi son pari avec succès : la croissance est de retour, le taux de chômage est revenu à sont plus bas niveau, l'économie continue de créer des emplois et l'inflation se rapproche de son objectif de 2%.

La réalité du marché du travail
Mais cette baisse du taux de chômage, l'un des indicateurs n°1 aux Etats-Unis, est une baisse en trompe l'œil qui cache de nombreux dysfonctionnements.
D'une part, la plupart des spécialistes attribuent cette baisse à la chute du taux de participation sur le marché du travail, qui mesure la proportion d'américain en âge de travailler effectivement employé ou à la recherche d'un emploi. La hausse des chômeurs découragés explique donc en partie ce recul du taux de chômage. En plus du faible taux de participation, une grande partie des emplois crées sont des emplois à temps partiels. Les entreprises restent donc encore méfiantes quant à la création de nouveaux emplois.
L'augmentation des salaires reste encore très faible, malgré une légère amélioration lors du mois d'Août.
Enfin, d'autres indicateurs comme la baisse du taux d'activité ainsi que la baisse du taux d'emplois sont des facteurs préoccupants qui illustrent les problèmes que rencontre l'économie américaine et plus particulièrement ce marché.

Yellen et les taux d'intérêt
La situation du marché du travail aux Etats-Unis reste donc très préoccupante et Janet Yellen n'a pas manqué de le pointer du doigt lors de la réunion de Jackson Hole. La fragilité de ce marché pousse la présidente de la fed à rester très prudente quant au dénouement de sa politique monétaire. Alors que la fin du Quantitative Easing est prévue pour la fin 2014, aucune hausse des taux n'est à envisager tant que le marché du travail ne montre pas de réels signes d'amélioration.

Malgré un léger ralentissement ces derniers jours, la hausse du dollar us devrait se poursuivre tout au long de l'année. Une remontée des taux envisageable l'année prochaine devrait contribuer au prolongement de ce mouvement haussier au cours de l'année 2015.