dragui forexA l'issue de la dernière conférence de la banque centrale européenne, la possibilité d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire à une nouvelle fois été évoqué. Malgré les séries de mesures prises en juin et septembre dernier par Mario Draghi, les risques de récession et de déflation en zone euro sont toujours inquiétants. Comme ces changements politiques affolent souvent sur le forex, nous analyserons la potentialité de voir de nouvelles mesures arrivées prochainement.

La BCE adopte depuis maintenant 5 mois une politique monétaire beaucoup plus accommodante visant à aider la zone euro qui fait toujours face à des risques déflationnistes inquiétants. Après avoir abaissé ses taux à ses plus bas niveaux, elle a, ainsi, mis en place une série de mesures visant à doper le crédit et la croissance, dont la dernière sera effective en novembre (rachat de titres ABS). Il apparaît cependant peu probable de voir des résultats significatifs à très court terme, alors que les chiffres sont de plus en plus inquiétants : stagnation de l'inflation aux alentours de 0,3%  ce qui alimente les risques déflationnistes, mais aussi une faible croissance (0,7%) et un taux de chômage toujours élevé (11,5%). Face aux fortes inquiétudes que soulève la zone euro, le FMI et la fed encouragent fortement la BCE à mettre en œuvre de nouvelles politiques.

Alors que le quantitative easing a pris fin aux Etats-Unis, la BCE semble de plus en plus favorable à l'élaboration de nouvelles mesures d'assouplissement. Lors de la dernière intervention de Mario Draghi la semaine dernière, nous avons pu constater l'unanimité du conseil des gouverneurs quant à l'élaboration de nouveaux outils. Draghi a de plus réaffirmé l'objectif d'expansion du bilan de la banque centrale pour retrouver des niveaux atteints en mars 2012, correspondant à une nouvelle hausse de 1000 milliards d'euros. L'Allemagne qui s'opposait à de nouveaux achats d'actif semble dorénavant avoir changé d'avis, sans doute en réaction au ralentissement que connaît son économie depuis quelques mois.

Le consensus au sein de la BCE semble donc opter pour l'élaboration de nouvelles mesures d'assouplissement, mais les moyens pour y parvenir suscitent cependant un réel débat. La première solution qui est celle la plus envisagée par les marchés, consiste en un rachat massif d'obligation souveraine comme a pu le faire la fed. Une étude faite auprès des intervenants du marché monétaire évaluent ainsi la probabilité de QE souverain à 50%. Une autre solution est la mise en place d'un programme d'achat d'obligation privée (non financier) visant les pays qui ont besoin de relancer massivement le crédit. Cette solution moins radicale semble être une alternative cohérente lorsque l'on sait que les avis divergent fortement quant à la mise en place d'un QE souverain en Europe.

L'élaboration de nouvelles mesures par la BCE pour stimuler l'investissement et la croissance est donc fortement envisageable. Il est cependant nécessaire de rappeler que la mise en application de ces mesures est soumis à deux conditions importantes : si les outils actuels sont insuffisant et si les risques déflationnistes augmentent. Il apparaît donc peu probable qu'un nouvel assouplissement quantitatif ait lieu prochainement, alors qu'il faut parfois attendre un an pour voir les premiers effets des mesures prises au cours des derniers mois.