forex gene forex
L'intervention du gouverneur de la BCE ce jeudi 22 janvier sera sans doute l'événement économique de la semaine.

Lors de la dernière intervention de Mario Draghi, celui-ci a envoyé un signal fort aux marchés, se montrant prêt « à tout » pour éviter la déflation et réaliser l'objectif du maintien de l'inflation proche mais inférieur à 2% en zone euro.
Seulement tous les outils qui sont à la disposition de la banque centrale, et qui sont strictement conformes à ses statuts, ont été utilisés (baisse des taux, facilitation de la mise en pension de titres...). Alors que peut nous réserver la BCE et qui permettrait de réaliser son objectif ?

Pour un retour de l'inflation il faut stimuler la demande d'euro ou en faire fortement chuter sa valeur pour créer de l'inflation sur les bien importés (et baisser le coût de la dette). On voit bien que malgré la baisse actuelle de l'euro, la deuxième solution n'est pas forcément efficace dans notre cas. Le seul moyen qu'à la BCE d'agir est de faciliter les prêts et d'apporter des liquidités sur le marché en espérant que les consommateurs consomment (ou que les états prennent le relai).

Faciliter les prêts, c'est déjà fait avec des taux historiquement bas. Il ne reste plus qu'à inonder le marché de monnaie fraichement imprimée. C'est déjà en grande partie fait aussi avec les plans successifs de prêts à long terme aux banques, mise en pension de titres etc ... Ce n'est pas pour autant que la consommation repart réellement, ou du moins pas assez fortement pour créer un choc de la demande. Il faut donc agir encore plus fort.

Il ne reste donc à priori que les états qui n'ont pas encore joué pleinement leur rôle, mais ils sont surendettés ! La solution pourrait donc être de racheter des titres d'états (sous des conditions drastiques bien-sûr) pour permettre de « relancer la machine » par de l'investissement public. Le seul soucis, et il est de taille, c'est que c'est interdit dans les statuts de la BCE. En effet la BCE se veut indépendante et ne doit donc pas financer le déficit budgétaire des états.
Les détracteurs de ces méthodes expliquent que de telles décisions pourraient inciter les pays à moins se concentrer sur des réformes nécessaires d'assainissement de l'économie. Difficile de contrer cet argument.

La problématique de la BCE est donc de réussir à relancer l'économie sans pour autant inciter au laxisme budgétaire. Les rumeurs vont bon train sur les marchés et il y en a une qui semble gagner l'approbation de nombreux acteurs : la BCE pourrait préparer un plan hybride avec un élargissement des titres pris en pension, une ouverture aux titres de dette d'entreprises privées et ... probablement une intervention sur le marché obligataire souverain.

Une chose est sûre : l'euro sera agité ce jeudi ! Affaire à suivre donc...