Canada US emploi forexLes rapports sur l’emploi américain et canadien sont au vert ! Les deux pays ont, en effet, imprimé des chiffres impressionnants au mois de mai. Les Etats-Unis ont ajouté 280 000 emplois alors qu’on en attendait 222 000. Pendant ce temps, le Canada a imprimé un gain de 58 900 embauches, soit près de six fois plus que les estimations. Voyons ce que cela signifie pour le marché des changes et les devises des deux pays.

Une reprise en Amérique du Nord
Les Etats-Unis et le Canada se portent bien en ce moment même si l’économie canadienne s’était un peu éteinte en début d’année en raison de la persistance de l’effondrement des prix du pétrole et que les Etats-Unis ont traversé quelques épreuves ces dernières semaines.
Le rapport américain de mai révèle une amélioration notable du taux de participation ce qui signifie que de nombreux américains ont repris le chemin du marché du travail. Il est, en effet, passé de 62,8% à 62,9%. Ce regain a été stimulé, en grande partie, par un retour de confiance pour le secteur de l’emploi. En plus de cela, la part des gens ayant été au chômage pendant 27 semaines ou plus a chuté à son plus bas niveau depuis six ans.
Au Canada, le marché du travail a plutôt bien résisté au ralentissement de l’industrie pétrolière. Même dans les villes très dépendantes de l’énergie des gains ont été observés. En plus de cela, le taux de participation et le temps partiel ont retrouvé leurs niveaux d’avant récession. Le pays peut remercier son économie diversifiée et ses liens commerciaux étroits avec le pays de l’oncle Sam.

Un renforcement des attentes d’une hausse des taux de la fed en septembre
Pour la plupart des observateurs du marché des changes, le rapport optimiste sur l’emploi américain du mois de mai semble avoir scellé l’avenir des taux d’intérêt de la fed.
La rémunération horaire moyenne a montré une progression plus forte que prévu avec 0,3%, on attendait 0,2%. Sur une base d’année en année, la hausse est de 2,3%, soit un chiffre plus important que la moyenne des six derniers mois.
Avec cela, les analystes économiques ont fait remarquer que le rapport sur l’emploi américain était suffisant pour confirmer que la faiblesse du PIB du premier trimestre n’était que temporaire. Si cette dynamique se maintient la fed devrait opérer un resserrement de sa politique monétaire dans le courant de l’automne.

La BoC n’aura t’elle pas besoin d’abaisser à nouveau ses taux ?
Même si les décideurs de la banque centrale canadienne envisageaient une nouvelle hausse des taux, sans pour autant parler de timing pour le moment, le rapport sur l’emploi du mois de mai pourrait leur donner une raison suffisante de maintenir une position neutre voire quelque peu belliciste.
Lors de sa récente déclaration sur les taux, le gouverneur Poloz avait été assez prudent. Il avait souligné des risques relatifs à la stabilité financière et à l’appréciation trop grande du dollar canadien. Cependant, il avait affirmé aussi que le pays suivait les traces américaines et qu’une reprise solide de la croissance était actuellement en cours.

Faiblesse des secteurs pétroliers et énergétiques
Alors que les chiffres des deux pays nord américain sont globalement bons, certaines données sous-jacentes sont plus préoccupantes.
Aux Etats-Unis, l’industrie minière a enregistré une perte de 17 000 emplois au mois de mai. Il s’agit de la cinquième baisse mensuelle consécutive pour un total de 68 000 licenciement en 2015. Beaucoup de projets ont été annulés ou reportés depuis la chute des prix du pétrole.
Pendant ce temps, en Alberta, région riche en énergie, l’embauche a chuté de 6 400 et le chômage a bondi de 5,5% à 5,8%. Dans l’ensemble, l’industrie des ressources naturelles du pays a perdu 2 400 emplois. Un moindre mal mais un mal tout de même !

Avec ces belles perspectives, les dollars américains et canadiens devrait réaliser des gains, en particulier face aux devises dont les économies nationales sont en berne.