alvexo forexL’année 2015 atteste d’un environnement particulièrement difficile pour le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi alors qu’il cherche à relancer l'économie de l'union monétaire en l'absence de mesures de relance budgétaire et de politiques accommodantes de la part des gouvernements régionaux. Depuis la réduction du taux d'intérêt de référence à 0,05% en septembre 2014, l'euro n'a cessé de tendre à la baisse, en partie grâce à l'espoir que la Réserve fédérale sera la première parmi les banques centrales des pays développés à relever les taux d'intérêt. Le climat de faiblesse de l'euro a facilité le travail de Mario Draghi, surtout après qu’il ait été renforcé par des taux de croissance plus rapides en Espagne et en France. Quoiqu’il en soit, les problèmes persistants ont fait rétablir la croissance dans la région en difficulté, d'où la transition vers des mesures de politique monétaire plus extrêmes. Bien que le temps soit trop court pour jauger de l'impact à long terme du changement de politique, il y a des indications contradictoires concernant le succès à court terme du programme.

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Cela fait exactement 3 mois depuis la mise en place de l’assouplissement quantitatif propre à la BCE, et l’estimation de l'efficacité des politiques monétaires non traditionnelles nécessite d’évaluer un certain nombre de facteurs. Pour commencer, le programme a affirmé que son objectif était de 60 milliards d'euros en achats mensuels de mars à septembre 2016 afin de parvenir à l’objectif d’inflation à long terme de 2,00%.
Durant ces premiers trois mois, la Banque centrale a acheté des obligations d'une valeur approximative de 160 milliards d'euros, principalement constituée de la dette souveraine. Basé sur le laps de trois mois, ce nombre devrait être d'environ 20 milliards d'euros supérieur, soulignant la difficulté à laquelle la Banque centrale est confrontée dans son effort de fournir et d’acheter des obligations. Beaucoup de titulaires de dette souveraine régionale telles que les retraites et les autres investisseurs avertis ne sont pas nécessairement intéressés par la vente à l'acheteur de dernier recours, contestant les efforts de la Banque centrale pour restaurer la croissance de l'économie de la zone euro.
L’austérité et les règles compliquées ont entravé la capacité de la BCE à atteindre les objectifs en dépit des annonces le mois dernier qui stipulaient que la BCE effectuerait des achats anticipés avant la période estivale pauvre en liquidités. Les mesures limitant les ratios de la dette du PIB en accord avec le traité de Maastricht ont toujours imposé des difficultés à Mario Draghi pour que la BCE atteigne ses objectifs. Malgré des taux d'emprunt se trouvant pratiquement au plus bas pour la plupart des pays membres, les Etats n’empruntent pas. Les estimations de janvier montrent que les émissions ont été fixées pour tomber à un peu plus de 220 milliards d'euros dans l'année à venir, bien en deçà des 600 milliards d'euros que la BCE cherche à monétiser. Ajoutant à ces problèmes le fait qu'une partie substantielle des 1,2 milliers de milliards d’euros de transactions en circulation ont des rendements négatifs. La BCE est interdite d'acheter des obligations sous le plancher du taux de dépôt à -0,20%, ce qui signifie que l'offre disponible continue à diminuer alors que les rendements baissent.

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Du point de vue de l'inflation et de l'emploi, on pourrait regarder et dire que les deux se sont améliorées depuis le début de l'assouplissement quantitatif. En outre, les prêts dans la zone euro ont augmenté pour la première fois depuis des années alors que les banques dépoussièrent les toiles d'araignée et se remettent à travailler sur l'économie réelle. Cependant, l'attribution de tous ces facteurs directement à l'assouplissement quantitatif pourrait ne pas être justifiée. L'inflation en particulier pourrait avoir tiré profit de l’affaiblissement de l'euro, ce qui était bien en œuvre avant Mario Draghi n’annonce des achats d'actifs. Bien qu'il ait réclamé un crédit afin d’éviter la crise déflationniste, il y avait plus à faire avec les facteurs externes qu’avec ses mesures politiques agressives. L’augmentation de la compétitivité des exportations et le renouveau des transactions grâce aux prix plus faibles pourraient avoir effectivement conduit à la reprise des dépenses. L'inflation reste encore loin de l’objectif à long terme de 2,00% de manière à ce que tout sursaut à court terme ne soit probablement qu’anecdotique. L'amélioration du chômage pourrait avoir bénéficié de catalyseurs similaires.

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Ce qui définira le succès ou l'échec de la dernière opération est de savoir comment la croissance, les prêts, l'inflation, le chômage et les taux de change évolueront avec le temps. À première vue, les signes sont positifs, mais comme on l'a noté ci-dessus, cela ne serait probablement pas représentatif de l’ensemble de la région. Si l'inflation et les prêts s’améliorent au fil du temps, cela se traduira par un renouveau de la croissance dans la région, en aidant à lutter contre le taux de chômage élevé. Cependant, si le projet échoue à stimuler les prêts et que les banques décident de limiter les placements aux actions au lieu de prêter à de faibles taux record cela pourrait compliquer les perspectives et annualiser l'impact des politiques monétaires accommodantes. Les politiques d’intérêts à taux zéro ou négatifs ne sont pas connus pour donner les meilleurs résultats vis-à-vis de l'investissement. Généralement, ces politiques encouragent les mauvais comportements de ceux qui en bénéficient le plus. Espérons que cette fois ce soit différent.