Drapeau canadienLe Canada semble suivre les traces de son voisin américain, mais est-il aussi performant que lui ? Afin de répondre à cette question et de savoir ce que cela signifie pour le dollar CAD et le forex, voici une petite revue des dernières données économiques du pays.

Inflation
La faiblesse de l’inflation ne semble plus être, aujourd’hui, un véritable problème depuis que le niveau des prix commence à se remettre de la crise du pétrole. Les prix du brut ont, en effet, grimpé progressivement depuis le début de l’année ce qui a permis au dollar canadien, positivement corrélé, de se remettre à flot.
Avec ces perspectives plus favorables, il n’est pas surprenant que le chiffre de l’inflation canadienne ait dépassé les attentes. L’IPC de base a ainsi augmenté de 0,4% alors qu’on attendait plutôt un chiffre de 0,3% et l’IPC global a bondi de 0,6% alors que le consensus se situait à 0,4%.

Activité commerciale
Comme l’économie du Canada dépend de ses exportations, les données commerciales ont une importance considérable dans la croissance économique globale. Pour le mois d’avril, la balance commerciale a été déficitaire de 3 milliards de dollars canadiens. Histoire d’aggraver les choses, la lecture du mois précédent a été rétrogradée de 3 milliards à 3,9 milliards soit le pire déficit de l’histoire du pays.
En creusant un peu plus dans les composantes du rapport, on constate que les exportations ont chuté de 0,7% en avril pour le quatrième mois consécutif. Sur une note plus positive, les livraisons d’énergie ont augmenté de 5,9% durant le mois ce qui révèle un rebond significatif du secteur des ressources naturelles. Les exportations non énergétiques ont, cependant, chuté de 2% et les produits forestiers de 5%.

Activité manufacturière
L'activité manufacturière canadienne pourrait potentiellement rebondir comme le suggèrent les principaux indicateurs. Si le rapport des ventes de fabrication d’avril a montré un recul de 2,1%, un chiffre pire que les -1,3% attendus et que le rapport du mois précédent a été revu à la baisse, l’indice PMI de mai a surpris largement à la hausse. Alors qu’on s’attendait à ce que l’indice passe de 58,2 à 55,1, il a surpris tout le monde avec 62,3. Les données sous-jacentes montrent que ce regain a été stimulé par une expansion de l’emploi et une augmentation de la production des entreprises.

Emploi

Le dernier rapport de l’emploi canadien a montré une hausse de 58 900 emplois. Un chiffre dépassant largement le consensus des experts situés autour de 10 200. Cela fut suffisant pour maintenir le taux de chômage du pays à 6,8%. Notez que le taux de participation au marché du travail a également grimpé.
Autres données sous-jacentes qui entrainent des résultats prometteurs, l’embauche dans le secteur privé et l’augmentation de l’emploi à temps plein. La croissance des salaires a également grimpé de 2,9% par rapport à l’année dernière.
Secteur par secteur, notez que la fabrication, les soins de santé, les finances et le commerce de détail ont enregistré des gains contrairement à l’administration publique et au secteur agricole.

Dépenses de consommation
Les gains d’emploi et la croissance des salaires doivent cependant encore se transformer en une augmentation des dépenses de consommation. Le dernier rapport relatif aux ventes au détail a, en effet, déçu. Elles ont fléchi de 0,1% au lieu d’augmenter de 0,7% comme prévu. Sur une note plus positive, les résultats de mars ont été mis à niveau à 0,9%. Si ces rapports semblent négatifs, sachez que les améliorations économiques de mai se reflèteront dans les futures publications.