dollarpoundeuro.jpgNous l'annoncions déjà dans notre précédente newsletter. Il semblerait que la tendance se soit belle et bien renversée au profit du dollar en ce début d'année. Alors que l'euro avait accumulé les gains durant le mois de décembre, ces gains sont rapidement partis en fumée avec la nouvelle année.

Certes, l'euro est loin d'être au point de la livre sterling mais la santé économique de la zone euro ne fait plus vraiment illusion sur le marché des changes. Les cambistes l'ont parfaitement compris. D'ailleurs, le seul vrai rebond de la semaine de l'euro fut plutôt mécanique, en raison de la publication des minutes de la Réserve Fédérale qui, comme il fallait l'attendre, étaient plutôt prudentes, certains diront même pessimistes. La publication jeudi d'une contraction de 0,2% de la croissance de l'euroland au troisième trimestre a rappelé à tous les cambistes l'état réel de la zone euro. Certes, l'euro accumule encore des gains face à certaines devises, notamment la livre sterling et les devises d'Europe Centrale et Orientale qui sont très liées aux investissements venus de l'Ouest du continent et au cours de la monnaie unique européenne mais les acteurs du marché des changes ont, semble-t-il, compris que l'euro n'est pas la solution en cette période de crise. D'ailleurs, si l'euro ne veut pas être sanctionné, la BCE ne pourra pas être très longtemps encore en porte à faux avec la réalité économique. En effet, le discours de la Banque Centrale Européenne est, pour l'instant, qu'il n'y aurait pas de nouvelle baisse des taux en janvier. Du moins, c'est ce qu'avait soutenu Jean Claude Trichet avant les fêtes. Depuis, des voix discordantes se sont fait entendre, notamment celle du vice-président de la BCE qui a été nettement moins catégorique. Alors que la réunion du comité de politique monétaire est attendu jeudi prochain, nombreux sont les cambistes à parier sur une nouvelle baisse des taux de la BCE, d'une ampleur d'un demi-point.

Cette baisse ferait alors écho à celle décidée cette semaine par la Banque d'Angleterre qui se trouve dans une situation un peu délicate alors que le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling, menace ouvertement son indépendance acquise de haute lutte en 1997. N'ayant toujours pas atteint la parité avec la monnaie unique, la livre sterling vivote sur le marché des changes. Le début d'année lui fut plutôt favorable puis, à la veille de la réunion de la banque centrale, les cambistes se sont un peu crispés. Pourtant, ils n'auraient pas dû puisque la baisse d'un demi-point de pourcentage fut accueillie positivement, ne faisant pas plonger la livre sterling face aux autres devises, car les cambistes s'attendaient à un assouplissement monétaire d'une ampleur plus grande.

Enfin, le dollar semble profiter de l'optimisme lié à la prochaine prise de fonction du président Obama. Après le plan de relance qui est en négociation au Congrès, les acteurs du marché des devises ont accueilli favorablement la ristourne fiscale annoncée par le président américain qui se concentre pour le moment sur l'économie, laissant le Moyen Orient se débattre seul. Même l'annonce des chiffres du chômage, évidemment mauvais, n'ont pas atteint le dollar qui semble profiter de ce début d'année pour renforcer sa position sur le marché des devises.