banque centrale canada forexComme prévu, la banque centrale du Canada a maintenu ses taux d’intérêt à 0,50% lors de sa déclaration de cette semaine. Dans ce cas, pourquoi le dollar canadien s’est-il brusquement effondré contre ses homologues du marché des changes ? C’est ce que nous verrons dans cet article.

Des prévisions de PIB déclassées pour les deux prochaines années
Le facteur le plus important ayant entrainé la chute du dollar canadien est sans conteste la révision à la baisse des perspectives de croissance de l’économie canadienne. Les décideurs politiques ont, en effet, abaissé leurs prévisions pour 2016 de 2,3% à 2% et pour 2017 de 2,6% à 2,5%.

La chute des prix du pétrole pourrait continuer de peser sur l’économie
Depuis l’effondrement massif des prix du pétrole il y a plus d’un an, l’économie canadienne ne parvient pas à se relever. Stephen Poloz, le gouverneur de la banque centrale du Canada  ne semble, en plus, pas voir de rebond se profiler dans le secteur de l’énergie. En termes de chiffre, les dépenses liées au secteur ont diminué de 40% cette année et elles pourraient encore perdre 20% en 2016.
Pour couronner le tout, le ralentissement économique de la Chine devrait continuer d’exercer une pression à la baisse sur les prix du pétrole et autres matières premières.

Une inflation soutenue grâce à la dépréciation du dollar CAD

Sur une note plus optimiste, les fonctionnaires de la BoC ont souligné que la récente dépréciation du dollar canadien par rapport à ses rivaux du marché des changes avait permis de compenser les pressions désinflationnistes. Si une monnaie locale baisse, les importations sont globalement plus chères ce qui fait augmenter le niveau des prix locaux. Cela permet également de rendre les exportations du pays plus abordables et par conséquent de soutenir la demande. De ce fait, la banque centrale du pays pourrait ne pas annoncer de nouvelles baisses de taux d’intérêt, la faiblesse actuelle de la monnaie suffit à maintenir les niveaux des prix intérieurs et les exportations.

Des taux d’intérêt identiques jusqu’à la mi-2017
Compte tenu des perspectives pessimistes relatives à l’industrie du pétrole et à la croissance nationale et mondiale, le gouverneur de la banque centrale du pays ne devrait pas intervenir sur les taux avant la mi-2017.
Poloz va en plus conserver un statut attentiste, pour le moment, pour que les libéraux,  nouvellement élus au sein du gouvernement, puissent évoquer et mettre en place des changements de politique budgétaire.

Dans l’ensemble, la déclaration de la BoC d’octobre n’a été ni trop belliciste, ni trop accommodante. Elle se trouve actuellement dans une position neutre avec, tout de même, un léger biais pessimiste.