wall_street.jpgA l'heure actuelle, il semble presque impossible de déceler une tendance de fond sur le marché des changes. En effet, le climat d'incertitude a brouillé les cartes durant toute la semaine. Même le dollar, qui pourtant profite d'habitude de son statut de valeur refuge, a suivi une trajectoire inattendu, ce qui a poussé certains analystes du marché des changes à clamer haut et fort que le yen est désormais la seule valeur refuge avec l'or.

En effet, le dollar a cédé le pas devant la monnaie unique européenne qui a pourtant essuyé de mauvaises nouvelles sur le plan économique, dont une chute record du PIB de la zone euro de 1,5% au dernier trimestre 2008. Cette baisse du dollar s'explique par la déception des investisseurs à l'écoute du plan Geithner. En effet, ce plan, dont les grandes lignes ont été dévoilées mardi, a suscité la méfiance sur les marchés qui attendent d'avoir plus de détails, notamment au sujet du rachat des actifs toxiques des banques par une structure gouvernementale. Des rumeurs ont circulé dans la presse américaine, affirmant que cette solution pourrait être abandonnée par la nouvelle administration américaine, au profit d'un système devant inciter les investisseurs privés à acquérir ces actifs.

Le dollar n'est pas la seule devise à avoir fait les frais des rumeurs cette semaine qui soulignent à quel point les investisseurs sont à cran et à la recherche de nouveaux repères. En effet, la monnaie unique européenne a connu une dégringolade éphémère en début de semaine lorsque le quotidien économique Nikkei a répandu la fausse rumeur selon laquelle des entreprises russes envisageraient de ré-échelonner leur dette vers l'étranger. Cette rumeur a eu un fort impact sur l'euro, avant d'être démentie, en raison de la forte exposition de la zone euro aux aléas économiques de la Russie.

Le shekel n'a pas, non plus, été épargné par l'incertitude ambiante cette semaine, bien qu'il résiste plutôt bien, comparé aux autres devises émergentes, à la crise économique. Le résultat très incertain des législatives pour la Knesset, qui a donné une victoire à l'arraché au parti de Tzipi Livni, Kadima, a fortement poussé à la baisse mercredi la devise israélienne face au dollar.

Enfin, le dollar australien et le dollar néo-zélandais, qui étaient il y a quelques mois encore, les stars du marché des changes, ont enregistré cette semaine de très fortes pertes en raison de la forte aversion pour le risque qui domine le marché des changes. L'adoption à l'arraché d'un vaste plan de relance économique d'un montant de 42 milliards de dollars australiens n'a pas changé la donne pour la devise australienne.

Les acteurs du marché des changes s'attendent désormais à de nouveaux assouplissements monétaires à partir du mois de mars, notamment de la part de la Banque Nationale Suisse, de la Banque Centrale Européenne et de la Banque d'Angleterre qui s'est prononcée cette semaine en faveur d'un recours à des mesures non conventionnelles et d'une politique de taux zéro, à l'instar de la Fed et de la Banque du Japon.