petrole forexA moins que vous n’ayez vécu ces derniers mois dans une grotte, vous n’êtes pas sans ignorer que les principaux producteurs de pétrole du monde ressentent les effets de la surproduction de la matière première par rapport à la demande mondiale. Le baril de brut est, en effet, passé de 114 dollars en 2014 à moins de 50 dollars aujourd’hui.

Si la production de pétrole a diminué aux Etats-Unis et au Canada, que les prix ont repris quelques couleurs depuis les 28$ le baril, les niveaux de ces derniers restent encore trop faibles pour la plupart des producteurs de brut. L’Agence Internationale de l’Energie a, en plus, averti que la surabondance de pétrole persistera jusqu’à la fin 2017. Bien au delà donc des estimations initiales.

Le 28 septembre prochain, durant le dernier jour du forum international de l’énergie en Algérie, les principaux producteurs de pétrole, y compris la Russie et les membres de l’OPEP se réuniront pour discuter de l’offre excédentaire et du niveau des prix du pétrole.
Les traders du marché des changes attendent cet événement avec un grand intérêt même si la dernière réunion qui s’est déroulée en juin s’était avérée très décevante, celle là devrait être plus constructives. Voici les raisons :

Les principaux acteurs montrent une volonté de coopérer

La Russie et l’Arabie Saoudite, les plus grands pays producteurs de pétrole du monde, ont fait une déclaration commune plus tôt ce mois-ci disant qu’ils pourraient limiter leur production à l’avenir. Même si les détails n’ont pas été révélés, cette potentielle coopération souligne un pas en avant dans la mesure où les deux pays se livrent une guerre par procuration en Syrie. Poutine est visiblement prêt à coopérer puisqu’il semble d’accord avec le fait de faire des compromis, y compris avec l’Iran actuellement sanctionné.
L’Iran, troisième plus grand producteur de pétrole dans le monde, est également dans les mêmes dispositions. Le président iranien a en effet, récemment déclaré qu’il accueillait positivement toute initiative visant à la stabilité du marché.
D’autres membres de l’OPEP se sont aussi montrés optimistes. Le président vénézuélien a déclaré la semaine dernière que les membres étaient proches d’un accord et le président irakien, que les choses étaient un peu différentes, cette fois, et que les circonstances actuelles pourraient permettre de trouver un accord.

Plus de précisions disponibles
La Russie et l’Iran ont spécifiquement fait allusion à l’utilisation des contingents par pays alors que d’autres ont évoqué un gel collectif des plafonds de production. Le secrétaire général de l’OPEP a même précisé qu’en cas de décision de gel, la situation perdurerait jusqu’en octobre 2017.

Une réunion informelle qui pourrait se transformer en discussion formelle
Le secrétaire général de l’OPEP et le ministre algérien de l’énergie ont laissé entendre que l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole pourrait réussir à trouver un accord le 28 septembre prochain. Il s’agit d’un revirement de situation car précédemment, ils considéraient la réunion, prévue cette semaine, comme une rencontre informelle plutôt que comme une réunion dans laquelle serait prise des décisions importantes.

Historiquement, les réunions en Algérie ont toujours produit des effets. La réunion du 28 septembre devrait donc logiquement apporter son lot de bonnes nouvelles. Au regard des conditions actuelles, un accord devrait être trouvé.

Si les principaux acteurs de l’industrie pétrolière sont optimistes alors les taureaux de pétrole pourraient se faire plaisir. Dans le cas contraire on assistera probablement à une vente massive d’or noir. Autre scenario possible, le report de la réunion au 30 novembre prochain, date de la prochaine réunion officielle. Dans ce dernier cas, l’incertitude concernant les prix du pétrole pourrait se renforcer encore et encore.